Le 05/11/2007 - 19h04
Par
SPORT / Julien Gaignard
Les 2, 3 et 4 novembre se tenait un colloque à Nantes sur le "Sport et la culture du risque". La réunion a mis en avant le développement des sports dits extrêmes et leur nouvelle pratique sécuritaire.
Pratiquer un sport à risque, en toute sécurité. Quel
paradoxe me direz vous, et pourtant c'est bien sur cette question qu'ont dû s'exprimer
les spécialistes venus participer au colloque sur le "Sport et la culture
du risque" qui se tenait ce week-end à Nantes.
Autrefois réservé à une certaine élite accroc à l'adrénaline
et au danger, les sports à risque tendent à se démocratiser. Désormais, monsieur
et madame tout-le-monde veulent également leur part de frayeur pour pouvoir
sortir de leur train-train quotidien. Comme le décrit Jean Bernardin,
responsable produit à l'UCPA : "Le cadre qui bosse à la Défense est bien content
de s'éclater sur son kite-surf le week-end en Normandie !"
La génération "risque sans risque" face à la génération "T'es pas cap !"
La classe moyenne veut donc aussi sa part de frisson, mais veut pouvoir rentrer de son week-end en un seul morceau. On veut bien se faire peur mais en toute sécurité. Cette nouvelle clientèle a donc permis l'émergence d'une multitude de clubs proposant différents baptêmes : canyoning, parachutisme, rafting, saut à l'élastique... Le tout encadré par des professionnels, ce qui permet de limiter les risques au strict minimum.
Seulement voilà, à cette génération adepte du "risque sans risque" s'oppose la génération du "T'es pas cap !". La jeunesse actuelle est en effet accroc des sports extrêmes tels que le skate, le BMX ou encore le snowboard. Mais contrairement à leurs ainés qui font face à leur propre peur, les jeunes eux sont plus dans une culture défi. Ils veulent toujours aller plus vite, plus loin, plus haut que leurs camarades. Ils s'exposent donc à de nombreux risques, car leur quête permanente les amène à faire fi des risques encourus. Dans le concept, ils se rapprochent plus de la philosophie de base même s'ils prennent des risques pour de mauvaises raisons. En effet, les pionniers de l'extrême repoussaient toujours leurs limites pour voir jusqu'où ils étaient capable d'aller et non pas pour battre le collègue. La nouvelle génération a intégré l'idée de compétition là où elle n'existait pas auparavant. Cette nouvelle approche a donc obligé les personnes encadrant de telles activités à créer de plus en plus de réglementations pour sécuriser au maximum ces pratiques. Un tel aspect de la pratique a donc entrainé une dégénérance de ces sports.
Le colloque a mis en avant cette transformation. On est passé d'une philosophie de vie à une pratique presque devenue banale. La minimisation des risques a en effet rentré les sports extrêmes dans la norme, et même si l'adrénaline est toujours présente lors d'un saut en parachute ou d'une descente de canyon, on est bien loin de l'époque où lorsque l'on partait vivre le grand frisson, on n'était pas sur de rentrer entier à la maison...
Bonjour,
Je me permet de rebondir sur cet article pour quelques précisions sur le saut à l%u2019élastique qui est cité comme un sport à risque...
Il ne s%u2019agit pas du tout d%u2019un sport ! En effet celui-ci ne nécessite aucune préparation physique, tout le monde peut le pratique (à quelques contre-indications près) et l%u2019épreuve est purement psychologique, le corps n%u2019est soumis à aucun effort autre que les effets de l%u2019adrénaline.
L%u2019article parle ensuite de création de réglementation afin d%u2019encadrer les pratiquants souhaitant toujours plus de sensations au mépris des risques, il faut aussi noter que parfois ces règlementations sont aussi là pour mieux encadrer l%u2019encadrement ! Il n%u2019y a pas que les "clients" qui cherchent toujours plus, certaines équipes ont plus le souci de la rentabilité que de la sécurité... Dans le cadre du saut à l%u2019élastique cela a mené aux accidents de 1989, 1994 et 2001 menant ainsi à la législation de 1989, des normes AFNOR NF S52-501 et NF S52-502 et enfin à la circulaire de 2005 rendant obligatoire le respect de ces normes mais cela doit être aussi le cas dans d%u2019autres disciplines.
Pour plus d%u2019informations n%u2019hésitez pas à consulter la section sécurité du site d%u2019"Une Idée En l%u2019air...", corédactrice des normes AFNOR sur le sujet et seule réelle association utilisant ce moyen dans un but social et humanitaire.
Yoann Antoviaque
Secrétaire Adjoint - Membre du CA
Une Idée En l%u2019Air...
http://www.uneidee.asso.fr/
Ps : Nous participerons au téléthon avec pour la seconde fois un défi 30heures, 300 sauts si cela vous intéresse, si vous voulez effectuer un ou plusieurs sauts rendez-vous sur notre site internet.
Ps-bis :Bien sûr nous serons ravi d%u2019offrir plus d%u2019informations à myfreesport.fr si vous souhaitez faire un article sur cette activité atypique, sur notre conception du saut à l%u2019élastique comme moyen d%u2019action ou simplement sur le défi du téléthon