Le 29/11/2007 - 09h15
Par
SPORT / Valérie Nataly
Canada ride en terre de Baffin
SportWeek
Grimper, voler, skier, kiter au fin fond d'une terre gelée... Cinq alpinistes-volants l'ont fait en Terre de Baffin. Sam Beaugey, l'un d'eux, raconte.
La Terre de Baffin. Cette mer gelée, la plus grande île de
l'archipel arctique canadien, recèle un énorme potentiel de spots de
grimpe et d'extrême. Pour le vérifier, cinq Chamoniards ont dû traîner 200 kg de matériel, dont un très gros bidon
de neige représentant une semaine d'hydratation, sans oublier mille
barres chocolatées ! Une "expédition Barnum" partie début mai de
Clyde River, en traîneaux à chiens et motoneige, d'abord vers Scott
Island dans le Gibbs fjord, fief des ours, 160 km au nord. Sur place,
débute la quête du Graal : un superbe big wall, une face de 650 m dans
laquelle vont "nicher" les grimpeurs pendant 13 jours : dodo dans les
portaledges (lits de camps arrimés à la paroi), caca dans le "shitbag", glagla dans la paroi.
"En pleine tempête""On avait prévu deux cordées parallèles, explique Sam Beaugey
, mais
le rocher était tellement pourri sur la droite qu'on est tous passés à
gauche. Pendant six jours, on a fait des allers-retours pour fixer des
cordes sur les premiers 350 m. Pendant qu'une cordée grimpait, l'autre
se reposait et gérait la vie du camp, un peu comme sur un voilier de
course." Une semaine plus tard, les cinq alpinistes viennent à bout
des 300 derniers mètres, sur un rocher bien raide voire déversant.
"Chaque longueur nous a pris entre 5 h et 8 h, avec un gros doute à
chaque pas sur la solidité des points de protection." Difficulté
supplémentaire, la température qui oscille entre - 20° et - 30 °.
Cerise sur le plateau, le saut du sommet en base-jump pour Sam Beaugey
et Yann Mimet, rejoints ensuite par Jean-Noël Itzstein, maître du
genre, et une tempête monstrueuse en guise de comité d'accueil.
"Le
lendemain, l'accumulation de neige rendait impossible la marche, on a
donc opté pour la rando à skis afin de rallier un autre fjord (le Sam
Ford Fjord)
. Là, on a sorti le reste de nos jouets : un kite, nos skis
et nos snows, pour se faire l'étroit couloir du Polar Star, 1 100 m de
dénivelé à 45° !" Les dernières ressources sont utilisées pour le saut
du Polar Sun, face énorme de 1 500 m.
"Historique ! Avec Yann et
Jean-No, en wingsuit (combinaison aile)
, on a passé plus d'une minute à
jouer avec le relief, à surfer sur les arêtes." Revenir est une idée
qui leur trotte dans la tête...
Valérie Nataly
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