Le 20/11/2008 - 19h58
Par
SPORT / Ronan Folgoas
Alpinisme : Priez pour eux
SportWeek
Partis à la conquête des sommets des Alpes au mois de juillet dernier, deux jeunes alpinistes ont tutoyé les étoiles et mis leurs corps à rude épreuve.
Ces deux garçons ont arpenté les Alpes dans les grandes largeurs pour mener à bien une aventure tellement mystique qu'on en oublierait l'exploit sportif sous-jacent. François-Régis Thevenet (aucun lien avec le coureur cycliste) et Maxime Casanova, 25 ans, ont la tête plutôt bien faite et une belle expérience de la montagne. Le premier est chercheur en biomécanique et aspirant guide de haute montagne, le second prépare son monitorat d'escalade. L'été dernier, ils sont partis à la rencontre des madones des Alpes. Pas n'importe lesquelles. On parle ici des statues de la Vierge Marie scellées sur les plus hauts sommets des massifs alpins : la Meije (3 983 m), la tête du Ruitor (3 486 m), la Dent du Géant (4 013 m), l'aiguille du Grépond (3 482 m, voir photo) ou les Drus (3 750 m) pour ne citer qu'eux.
Chemin de croix magique"
Au-delà de leur symbolique religieuse, j'aime la poésie des madones, explique François-Régis.
Elles personnifient le sommet en question et protègent ceux qui s'y aventurent. J'avais envie de connaître leur histoire et de rendre hommage à ces hommes qui ont fait l'impossible pour les installer sur ces sites difficilement accessibles." Fin juin, nos deux alpinistes s'élancent donc pour une course XXL d'un mois sans interruption... ou presque. "
J'ai été victime du mal des montagnes au cours de l'ascension de l'arête de Peuterey, raconte Maxime.
On m'a hélitreuillé vers l'hôpital d'Aoste en Italie... et deux jours plus tard, j'étais remis sur pied".
Comme l'avaient décrété avant le départ nos deux aventuriers, les étapes de transition, pour passer d'une vallée à l'autre, n'ont été parcourues qu'avec des moyens de locomotion non motorisés (vélos, kayak, Deltaplane). Histoire de ne rien devoir à personne et de rester hors du temps, suspendus entre deux sommets. "
Ce mois a été magique, résume François-Régis Thevenet.
Nous avons vécu sans aucune contrainte horaire. Nous marchions parfois de nuit à la frontale pour profiter pleinement des premières lueurs du jour. Les ascensions pouvaient s'achever vers 23 h, à la nuit tombée. On bivouaquait et on s'endormait comme des bébés."
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