Le 03/04/2007 - 17h23
Par
SPORT / Geoffroy Bresson
Arian Lemal aime passer son " temps-libre " à nettoyer. Pas son appartement, non, lui préfère atteindre des coins bien plus reculés. Sur les plus hauts sommets du monde, il ramasse les déchets que des aventuriers peu scrupuleux auraient laissés derrière eux.
A 6959m d'altitude, l'Aconcagua, le plus haut sommet d'Amérique, propose des images qui restent gravées dans les mémoires de ceux qui ont osé le défier. Il y en a une qu'Arian Lemal, 24 ans, aurait préférée effacer. Celle d'un tas d'ordures laissé là, en 2006, par des alpinistes négligeants. "En redescendant, j'ai voulu rendre une faveur à la montagne. J'ai décidé de revenir, dès l'année suivante, pour la nettoyer", raconte-t-il. C'est ainsi que le balayeur des cîmes - nom que des amis ont trouvé pour lui - est né, bravant le froid, le vent et la rudesse des hauteurs, pour y faire un peu de ménage : "Tout le monde préfère une montagne propre à une décharge publique. Moi, l'éducation que j'ai reçue m'a donné les bons réflexes. J'ai toujours nettoyé les déchets que je trouvais ici et là. D'ailleurs le matin, lorsque je me promène sur la plage avec mes chiens, je ramasse tout ce que je trouve sur le passage."
Avec cette nouvelle manière d'arpenter les cîmes, Arian Lemal a été un pionnier. Aujourd'hui, d'autres actions sont nées. Line, par exemple, s'est associée au mouvement et a décidé de faire le ménage dans le cirque de Gavarnie (Pyrénées). "On a trouvé énormément de mégots, capsules de bière, mais aussi des bouteilles en verre, en plastique, des sacs cachés entre les pierres ou semi-enterrés, des boîtes de conserve, des habits, des paquets de cigarette, des emballages de goûters, des mouchoirs. Et ceci, que ce soit au bord du chemin de grande fréquentation ou dans les talus en contre-bas", note-t-elle sur le site web de son père spirituel.
Un nouveau projet pour 2008
Arian Lemal, lui, réfléchit déjà à un nouveau
projet de nettoyage pour 2008. Un temps, l'Everest a été évoqué. Mais, manque
de moyen, il ne pourra pas s'y préparer correctement. "J'ai recontacté les sponsors, les médias, et les institutions
nationales pour leur proposer de soutenir le projet. Je n'ai toujours pas eu de
réponse. Le système français n'est pas prêt à me suivre", peste-t-il. Alors,
nul ne sait encore où le balayeur des cîmes frappera la
prochaine fois : "Je
vais remettre mes idées en place, me ressourcer, et proposer autre chose, avec
mes moyens." Si, comme le dit son slogan, "notre planète mérite un effort",
lui vaut bien une salve d'encouragements.
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