Le 13/09/2006 - 12h02
Par
AFP / Antoine Lambroschini
A l'assaut des sommets kirghiz, paradis montagneux loin du tourisme de masse
SportWeek
Qu'ils soient alpinistes expérimentés ou randonneurs débutants, les touristes étrangers sont de plus en plus nombreux à partir à la découverte des vertigineux sommets du Kirghizstan, dont certains n'ont encore jamais été vaincus par l'homme.
C'est avant tout à Karakol, à l'est de cette ex-république soviétique d'Asie centrale dont près de la moitié du territoire se trouve à plus de 3 000 m au-dessus du niveau de la mer, que le tourisme de haute montagne commence à se développer. Ce ne sont pas les grandes enseignes du voyage d'aventure que l'on y trouve, mais de petites agences kirghizes de trekking qui organisent au pied levé des randonnées de quelques heures ou de plusieurs jours à travers les paysages immaculés et parfois même encore inexplorés du massif du Tian Shan.
"On a tellement de montagnes ici de la taille du Mont Blanc qu'elles n'ont même pas toutes un nom!", explique malicieusement Vadim Karaoulouikh, un guide tout juste âgé de 19 ans.
"Les alpinistes semi-professionnels aiment venir ici parce qu'il y a encore de nombreux chemins et de sommets qui n'ont jamais été atteints par l'Homme", souligne-t-il.
Mais le Kirghizstan n'est plus seulement l'affaire de quelques randonneurs chevronnés. La petite république fait aussi office de paradis pour le simple voyageur qui veut échapper aux foules et planter sa tente au pied d'une cascade de montagne. C'est donc un nombre encore limité mais sans cesse croissant de touristes américains, russes, européens ou japonais qui descendent des sommets kirghiz avec la sensation unique de s'être trouvé un instant sur le toit du monde. Le Kirghizstan offre finalement les grandes joies et les petits déboires d'un pays qui ne connaît pas le tourisme de masse.
On peut sans inquiétude attaquer la randonnée avec un guide chaussé de simples sandales, cigarette à la bouche et 60 kilos de matériel sur le dos, car il n'aura aucun mal à suivre le rythme de ses clients, bien mieux équipés et moins chargés que lui. Et au bout de la marche ce sont des sommets de 5 000 à 7 000 mètres de haut que l'on voit grimper vers le ciel, ou des lacs aux couleurs irréelles qui apparaissent encastrés entre les montagnes.
Chaque saison, qui dure de juin à septembre, le nombre de touristes augmente, et dans certaines régions du Kirghizstan, les agences commencent à proposer des produits adaptés aux goûts occidentaux.
"Comme nous, les Kirghiz, n'avons pas le pétrole ou le gaz de nos voisins, il a bien fallu trouver des idées pour faire de l'argent", raconte avec humour Stanbek Toïchoubaiev, propriétaire d'une maison d'hôtes au nord du pays et proche d'Issyk-Köl, le deuxième plus grand lac de montagne du monde (après le lac Titicaca). Il a lancé son entreprise en 1998, transformant sa ferme familiale du petit village de Kalmak-Achu en hôtel de charme aux chambres tout confort, admirablement décorées. Et la vie du village s'est rapidement organisée autour de l'initiative de l'hôtelier, qui propose à ses clients des randonnées à pied ou à cheval dans les massifs alentours, avec comme guides les bergers de la région. Mais Stanbek avoue qu'il préfèrerait que
"le tourisme au Kirghizstan reste l'affaire de quelques passionnés", de manière à ce que chaque voyageur reparte avec le sentiment d'avoir découvert un secret d'une inimitable beauté.
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