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Aventure

Le 30/04/2010 - 12h59
Par SPORTWEEK / Mélanie Pontet

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Mike Horn, la fureur de vivre

Mike Horn-Photo : D. Sharomov / Mike Horn

Mike Horn-Photo : D. Sharomov / Mike Horn

Aventurier de l'extrême, Mike Horn a repoussé les limites humaines au cours de certaines de ses expéditions. Pour une fois qu'il posait un pied à terre, il n'était pas question de le rater...

Il a plus l'air d'un pote que d'un des grands aventuriers de l'époque. Il vous fait la bise quand vous vous présentez et se réjouit de faire l'interview en français, qu'il maîtrise parfaitement après avoir vécu plusieurs années en Suisse. Mike Horn est un homme immense par son parcours, passionnant et passionné avec qui dix minutes d'entretien fondent aussi vite que la banquise. Quelqu'un aussi qui choisit chaque mot avec soin et intelligence. Sans se renier.

Vous côtoyez de nombreux sportifs (*). En tant qu'aventurier, vous ne pensez pas évoluer sur une autre galaxie ?
On a la même passion pour bouger et pour aller au bout de notre rêve. Les autres évoluent sur un terrain de jeu ou un circuit. Moi, mon terrain de jeu, c'est la  Terre. Mais comme eux, je dois manger correctement et rester en forme. La différence, c'est que je ne joue pas pour 10 s, 30 min ou deux heures, mais deux ans. Et puis, pour moi comme pour certains sportifs, performer signifie aussi terminer en vie.

Être vivant, c'est la vraie victoire pour un aventurier ?
Il y a pas mal de belles victoires dans la vie de chacun, mais, oui, je crois que rentrer vivant à chaque fois, dans un état à peu près correct, c'est notre graal. De toute façon, un aventurier n'est jamais totalement comblé parce qu'il veut toujours aller plus loin. Ta victoire, ce n'est pas non plus d'aller au pôle Nord et de mettre ton drapeau. Ce qui compte, c'est ton voyage entre le point de départ et le point d'arrivée. Pourtant, certains jours, tu as envie de pleurer, d'autres d'éclater de rires. Un aventurier vit à travers ces émotions. Et ces émotions, c'est une victoire en soi.

"En compétition contre la nature"

Certaines sont plus marquantes...
Oui, le jour où je suis arrivé au pôle Nord en 2006 en pleine nuit et en hiver. C'était la première fois qu'un homme y posait ainsi le pied. En m'engageant sur ces terres, je n'avais plus le choix, je ne pouvais plus revenir en arrière. Quoi qu'il arrive, je savais que j'irais jusqu'au bout. J'ai tout laissé derrière moi et avancé jusqu'à mon objectif. C'est une très belle victoire. Et je l'ai gagnée pour la vie.

Toujours pas envie de poser votre sac, à 44 ans ?
On a environ 30 000 jours à vivre dans une vie normale. 30 000 ! (Il réfléchit et sourit) C'est rien, donc il faut en profiter.

Mike Horn-Photo : D. Sharomov/Mike HornMike Horn-Photo : D. Sharomov/Mike Horn



Auriez-vous pu être un sportif de haut niveau ?
Jouer 40 minutes, pour moi, ce n'est pas suffisant. Ma vie de sportif a pourtant commencé comme tout le monde. Rugby, cricket, golf... J'ai d'ailleurs fait partie de l'équipe nationale de rugby en Afrique du Sud, mais ce n'était pas ce que je voulais. Je ne voulais pas être en compétition avec d'autres. Je voulais être en compétition contre moi-même, contre la nature.

"Comment devenir un aventurier quand tu es né à Rome, Paris ou Genève ?"

Le sport tel qu'il a évolué vous convient-il ?
Aujourd'hui, il y a beaucoup de commercialisation derrière la carrière de chaque athlète. C'est bien pour le sport, mais ça peut aussi pourrir le sportif : son but, sa passion parfois, n'est plus pour le sport mais pour l'argent et pour l'aspect commercial...

Pourquoi les aventuriers sont-ils moins nombreux ?
Malheureusement, nous n'avons pas les mêmes budgets que les joueurs de foot. On n'a pas de spectateurs pour nos performances. Et quand personne ne suit vraiment ce que tu fais, il n'y a pas d'argent à gagner !

Vous êtes né en Afrique du Sud. Ça représente quoi pour vous ?
C'est un honneur d'être né là-bas. Je vivais dehors tous les jours et j'ai connu un climat idéal pour devenir aventurier. J'ai aussi la chance d'avoir fait partie des Forces spéciales d'Afrique du Sud, ce qui m'a donné aussi des bases de vie essentielles pour la survie d'un aventurier. Vous savez, petit, autour de moi, j'avais des lions, des éléphants, la mer, la montagne, la jungle... Et tous ces éléments m'ont aidé dans mes expéditions. Comment devenir un aventurier quand tu es né à Rome, Paris ou Genève ? La vie que j'ai connue en Afrique du Sud était vraiment parfaite pour devenir un aventurier.

(*) Nous avons rencontré Mike Horn à Abu Dhabi lors des Laureus Awards.

Propos recueillis par Mélanie Pontet

Mike Horn-Photo : D. Sharomov / Mike HornMike Horn-Photo : D. Sharomov / Mike Horn



Pangea, sa nouvelle raison d'être
"À 44 ans, Mike Horn n'a plus en vie d'aventure en solitaire. Le baroudeur veut continuer à arpenter la Planète accompagné par des jeunes du monde entier pour les sensibiliser à l'impact de l'homme sur l'écosystème mondial. Depuis octobre 2008, et pendant deux ans encore, il sillonnera les mers à bord de son bateau, le Pangaea. "Gamin, je rêvais d'aller sur le bateau de Jacques Cousteau. Je n'ai jamais pu le faire. J'ai donc créé cette opération pour que les jeunes aient cette chance." En un an et demi, il a déjà parcouru l'équivalent de deux fois le tour de la Terre."

ITINERAIRE
Né le 16 juillet 1966 à Johannesburg (Afrique du Sud)
1995 : record du monde de saut de cascade en hydrospeed (22 m).
1997 : traversée de l'Amérique du sud à pied en solitaire
1999-2000 : " Latitude Zéro ", le tour de la Terre le long de l'équateur sans aucun moyen de transport motorisé
2002-2004 : " Arktos ", le tour de la Terre par le Cercle polaire
2006 : " North Pole Night Expedition " : il rallie le pôle Nord en hiver, de nuit, sans assistance ni ravitaillement
2007 : en Himalaya, ascension du Gasherbrum 1 (8 068 m) et Gasherbrum 2 (8 035 m)
Depuis 2008 : opération " Pangaea "

A retrouver dans le n°233 de Sport

La Une de Sport n°233La Une de Sport n°233



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