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Expéditions

Le 06/12/2007 - 09h50
Par SPORT / Stéphane Méjanès

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Antarctica : Etat d'alerte

SportWeek

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Sebastian Copeland est un photographe militant. Au travers d'un livre et d'une exposition, il présente au monde l'Antarctique tel qu'il l'a découvert et tel qu'il n'existera peut-être plus si l'on ne fait rien.

Les Inuits, l'ours blanc, la banquise à la dérive... Les menaces qui pèsent sur l'Arctique sautent aux yeux. C'est tout là-haut que Sebastian Copeland a commencé par prendre la mesure de l'état de dégradation de notre planète. Mais c'est tout en bas, en Antarctique, que ce compagnon de longue date de l'association Green Cross, créée par Mikhaïl Gorbatchev, a voulu frapper les esprits. "J'y suis allé pour créer une image où des gens allongés sur un iceberg formeraient les lettres SOS ", raconte le photographe franco-britannique.

Une fois sur place et la photo dans la boîte, Sebastian a immédiatement décidé d'y revenir, pour consacrer un livre à ce continent de l'extrême, avec une idée précise en tête. "L'objectif de mon travail n'est pas de montrer les effets du réchauffement, précise-t-il. Mes photos s'adressent davantage à l'émotion. Elles invitent les gens dans leur propre jardin parce que, le monde se rapetissant, l'Antarctique est plus proche qu'il n'y paraît." Bertrand Charrier, vice-président de Green Cross International, ne le contredit pas. "Je suis allé en Antarctique pour la première fois en 1990, avec le commandant Cousteau, se souvient-il. Nous menions une campagne pour sa protection. Nous pensions que le problème était réglé, mais pas du tout. À l'époque, l'Antarctique était menacé de l'intérieur par l'exploitation de ses ressources minérales. Aujourd'hui, il est menacé de l'extérieur par le réchauffement climatique."

Dans le grand mouvement de sensibilisation planétaire, les photos de Sebastian Copeland frappent au coeur. "Quand j'ai vu l'annonce de l'exposition, j'ai été attiré comme un aimant par ces images de glace, de mer, de ciel, une forme de pureté originelle", confie le réalisateur Régis Wargnier (Indochine, Pars vite et reviens tard). Des signes qui ne trompent pas, la cause avance.

Le coup de coeur de Luc Besson

"J'ai été transporté immédiatement. Ce n'est pas factice. Il y a un oeil artistique, mais pas de fabrication. En ouvrant le livre, on se sent responsable tout de suite. Ce que l'on voit sur ces images appartient à tous et doit être conservé." L'hommage est appuyé et sonne juste. Il a fallu quelques secondes à Luc Besson pour dire banco à Sebastian Copeland, qui se réclame de la génération Grand Bleu. C'est sa maison d'édition, Intervista, qui sort la version française du livre que le photographe consacre au continent blanc. Un véritable engagement. "On a l'impression de voir l'origine du monde, ajoute Luc Besson. De la même façon que l'on aime protéger sa mère, on désire de protéger ce berceau." Une exposition-vente se tient aussi dans les salons de l'Hôtel Westin, à Paris, jusqu'au 11 décembre.Une partie des recettes sera reversée à Green Cross.

Antarctica, éditions Intervista, 39,90 €.

Bio
Sebastian Copeland
Né à Paris d'un père français et d'une mère anglaise, le photographe Sebastian Copeland est aussi un adepte des sports extrêmes.

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