Le 27/04/2007 - 13h00
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SPORT / G.B. (avec AFP)
Tara, la goélette polaire qui dérive sur la banquise depuis le 4 septembre, a franchi jeudi le 88e parallèle nord, point le plus septentrional jamais atteint par un bateau à voile, à 2 petits degrés du pôle nord géographique.
La goélette polaire Tara qui dérive sur la banquise arctique depuis le 4 septembre pour une mission scientifique sur le réchauffement climatique dans les hautes latitudes, a franchi jeudi le 88e parallèle nord, point le plus septentrional jamais atteint par un bateau à voile, à 2 petits degrés du pôle nord géographique. Une vingtaine de chercheurs ont pu rejoindre au début de la semaine le bateau immobilisé dans l'immensité blanche de la mer de glace. Tara gît plus qu'il ne repose, comme un vaisseau naufragé, immobile dans l'immensité blanche et légèrement couché sur bâbord. Ses deux mâts de 27 mètres semblent implorer le ciel sous le soleil de minuit du jour permanent de l'été polaire. La goélette est coincée dans un repli, entre les griffes d'énormes concrétions de glace et de neige, accumulées au cours de ses 234 jours de dérive, immobile, mais tumultueuse.
Objecitf : Identifier les changements affectant la glace
Sur la banquise enneigée, pavée de statues de glace sculptées par le vent, la température descend en flèche quand se lève soudain le blizzard. En quelques secondes, moins quarante et visibilité nulle. Ici et là, entre les tentes rondes et oranges de la base polaire, seuls points de couleurs repérables dans les rafales de flocons cotonneux, évoluent d'improbables silhouettes floutées. Les chercheurs ont transporté leurs labos sur la banquise. Ils participent au programme européen Damoclès (budget: 17 millions d'euros), dont la tâche -dans le cadre de l'Année Polaire Internationale (API) 2007-2008- est d'identifier les changements affectant la glace de mer, l'atmosphère et l'océan et d'en évaluer l'impact présent et futur sur le climat mondial.
Ici, un fore la glace pour en mesurer l'épaisseur. Là, par un grand trou creusé à la poupe de Tara, on envoie des sondes dans les profondeurs (4.000 mètres) de l'océan pour faire parler les eaux, en relever la salinité, la température, identifier d'éventuelles substances polluantes, mesurer la vitesse et la direction des courants. Un peu plus loin, c'est un ballon captif qui s'envole vers les cieux pour ausculter l'atmosphère. Un à un, sortant du désert blanc, les hommes de science dans leurs lourds habits givrés, regagnent la goélette. Le fumet d'un ragoût, seule fragrance perceptible sur la planète glace, s'échappe de l'entrée du carré. La journée est finie. Le soleil brille de tous ses feux dans le ciel redevenu limpide. Il est minuit.
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