Sportweek by Sport

Surf
Ski/Snow
BMX / Skate / FMX
VTT
Air
Outdoor
Running
Alpinisme
Aventure
XTrem
Poker

sportweekxtreme.fr > Aventure > Expéditions

Expéditions

Le 20/11/2008 - 15h43
Par SPORT / Alexandre Herbinet

  • noter cet article :
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Envoyer à un ami
  • Publier sur votre blog
  • Commenter
  • Imprimer

La Grande Odyssée : Danse avec les chiens

SportWeek

SportWeek

Marathoniens des neiges, les huskies, véritables stars de cette course en traîneau dans les Alpes, sont des champions à part entière. Découverte.

Près de 750 kilomètres de course à travers le massif alpin. Quelque 25 000 mètres de dénivelé positif en dix étapes. Trois bivouacs en haute montagne. 100 000 euros de primes distribuées tout au long de l'épreuve. Voilà, en quelques chiffres, le résumé de La Grand Odyssée Savoie Mont-Blanc. Une course de chiens de traîneau, imaginée par l'aventurier Nicolas Vanier et son ami entrepreneur Henry Kam, dont la cinquième édition se déroulera en janvier 2009 et qui offre aux navigateurs des mers blanches le terrain de jeu le plus technique au monde.

Meilleur ami de l'homme

Un point de passage incontournable pour les meilleurs mushers ("conducteurs de traîneau"), dans une discipline où le chien est bel et bien le meilleur ami de l'homme. Car les huskies sont les stars de l'épreuve. "Les vrais sportifs, ce sont les chiens, confirme le Français Daniel Juillaguet, 41 ans, kiné de profession et musher par passion, qui n'a encore jamais manqué une Grande Odyssée, terminant meilleur Français en 2008 et premier Européen en 2006. Si le musher ne s'entraîne pas, il va perdre du temps car sa résistance à l'effort sera moindre. Les deux sont complémentaires. Mais le chien fait 80 % du boulot." Isabelle Travadon, une Française de 46 ans qui a elle aussi pris part à toutes les éditions, "sauf une à cause d'une blessure", confirme l'évidence : "Entre nous, c'est une équipe. Mais le rôle des chiens est le plus important. Ce sont des athlètes à part entière." Dans tous les sens du terme.



Avant de se lancer sur La Grande Odyssée, les sportifs canins s'adonnent ainsi à une préparation de haut niveau. "C'est un peu comme pour un coureur de fond, explique Travadon depuis le Var, où cette musheuse élève ses chiens et ses chevaux. On débute l'entraînement à la fin de l'été, après trois mois à ne rien faire car ils risquent un coup de chaleur si on les fait courir sous une température supérieure à 15 degrés. Leur préparation repose sur un travail d'endurance et de vitesse grâce à des sessions à gros dénivelé. Mes chiens arrivent à La Grande Odyssée avec 1 500 à 1 800 kilomètres d'entraînement dans les pattes. Mais ceux des Scandinaves, qui bénéficient de meilleures conditions de neige, ont 3 000 kilomètres de préparation ! Ces chiens ont aussi une alimentation pointue, à base de protéines et de graisses." Un travail sur la diététique, à l'image de celui des sportifs de haut niveau.



Bolides canins

"Pendant la course, ils disposent de la même alimentation qu'à la maison : des croquettes énergétiques, glisse Juillaguet. Mais on augmente la ration. On les nourrit deux fois par jour et on les hydrate beaucoup." Dans le Jura, Daniel Juillaguet prépare ses huskies à la compétition de façon peu orthodoxe : "Dès que la neige tombe dans mon coin, vers mi-novembre, je fais des sorties normales. Avant, je les fais courir sur de la terre. J'attache l'attelage à un kart ou à un quad. Ils traquent plus fort qu'avec un traîneau et ça les muscle. Mais quand on repasse à la neige, il faut qu'elle soit bien travaillée sinon l'adaptation n'est pas immédiate. La seule chose essentielle, c'est qu'ils courent sur une surface où ils ont de bons appuis." Histoire d'éviter les blessures. Comme de vrais sportifs, une nouvelle fois.

Un destin naturel pour ces bolides canins. "Pour courir, il y a les Alaskan huskies, originaires d'Alaska, ou les Siberian huskies, de Sibérie, indique Juillaguet. Tous sont reconnaissants des efforts qu'on leur fait faire. Ils voient ça comme une marque d'affection. Ce sont des lignées de chiens de course, ils ont ça dans les gènes. Quand on fait une sortie, dès que j'ouvre leur box, ils sont excités car ils savent ce qui les attend. Le dressage n'est pas nécessaire." Même son de cloche du côté d'Isabelle Travadon : "Mon premier husky, acheté en région parisienne, tirait mon vélo. Ils ont besoin de faire du sport et de se défouler. Leur vie, c'est de tirer quelque chose. Un chien qui reste à la maison à ne rien faire devient vite malheureux."



La réussite d'une aventure comme La Grande Odyssée réside dans la complicité maître-husky. Un lien fort, presque filial. "Ce sont mes bébés, lâche Isabelle Travadon, qui possède... 27 chiens. Tous mes chiens de course sont nés chez moi. Sur les épreuves, on vit les mêmes galères. On souffre ensemble, ça nous rapproche." Juillaguet apporte une nuance : "J'ai une famille et elle est plus importante pour moi. Mais ils sont très proches de nous. Mon plus vieux a 10 ans et demi, il a tout fait avec moi et notre relation est très forte. Les chiens de tête, qui entraînent les autres, comprennent nos instructions données à la voix. Ils enregistrent beaucoup de mots et sont intelligents. Dans une tempête, ce sont eux qui retrouvent la trace."

Chiens sous surveillance

Autre parallèle entre les sportifs et les huskies : la durée de la carrière. "Ils débutent à 1 an, font des épreuves longue distance dès 2 ans et courent en général jusqu'à 10 ans, explique Isabelle. Mais j'en ai une de 11 ans qui suit toujours le rythme alors qu'elle a environ 30 000 kilomètres de course au compteur. Ce sont eux qui décident de leur retraite. S'ils ne sont plus excités comme des fous lorsqu'il faut passer le harnais, l'envie a disparu." Et Juillaguet de préciser : "Dix ans et demi pour un chien, ça correspond à 55 ans pour un homme. À un moment, leur rendement baisse et on doit les sortir de l'attelage." De vrais champions, ces huskies ? Oh que oui !



Sur La Grande Odyssée, les chiens (14 par musher, tous ne participant pas à chaque étape, en fonction de leur fatigue, de la tactique adoptée et du profil du terrain), surveillés en permanence par des vétérinaires qui peuvent même exclure un musher en cas de mauvais traitement, subissent des contrôles antidopage ! "On leur prélève de l'urine, explique Daniel. J'ai déjà vu des cas positifs sur d'autres courses. Certains font n'importe quoi pour une prime." Isabelle voit les choses d'un autre oeil : "C'est surtout de la prévention. La grande majorité des mushers aiment trop leurs chiens pour les mettre en danger comme ça. On fait ça par passion, ça nous coûte souvent plus que ça nous rapporte. Le dopage ne sert à rien, la somme d'argent à gagner est trop minime." Le jour où un husky gagnera le Tour de France n'est pas encore arrivé.

Participez aux tournois de poker SportWeek

Poker : Gagnez des $ en jouant gratuitement


COMMENTAIRES

Soyez le premier à donner votre avis

Ajouter un commentaire

Sport

Surf
WCT
WQS
Longboard
Wakeboard
Kitesurf
Windsurf
Ski / Snow
Freeski
Snowboard
Freeskiing Tour
Freeride Tour
TTR
Winter X Games
Street
BMX
Skateboard
FMX
Fise Experience
X Fighters
X Games
VTT
Qashqai Urban Challenge
VTT Freestyle
Descente
Air
Base Jump
Red Bull Air Race
Parapente
Montagne
Ski alpinisme
Escalade
Rando / Trek
Aventure
Expéditions
Raids
Outdoor
Running
Endurance
Trails