Le 20/06/2008 - 15h58
Par
SPORT / AB
Jean-Gabriel Chelala en route vers les Antilles
SportWeek
L'aventurier poursuit son périple sur son Cyclomer. Il devrait atteindre la Guadeloupe dans les prochains jours, après plus de deux mois de navigation et 4300 kilomètres.
Voilà plus
de 70 jours que Jean-Gabriel Chelala navigue sur l'Atlantique à bord de son
cyclomer de 7,50
mètres, conçu spécialement pour l'expédition 48°Nord, propulsé par la
seule force de ses jambes. Le jeune aventurier, qui n'avait aucune connaissance
maritime en début d'année, a désormais à son actif plus de 2 mois d'aventures en
mer, de solitude et de rencontres extraordinaires et bien sûr de pédalage qui
lui a permis de parcourir environ 2.700 milles (4.345km). C'est sans compter les
2.000km qu'il a déjà parcouru à vélo entre Paris et la pointe sud du Portugal
avant de se lancer dans la traversée de l'Atlantique. " Je suis à la fois content et soulagé de voir que le
plus gros de cette deuxième étape est derrière moi. J'essaie de ne pas trop
penser à l'arrivée même si je ne peux pas m'empêcher de passer mon temps à
comptabiliser les milles parcourus et les milles restants ".
Les Antilles qui marqueront une première ligne de vue se rapprochent rapidement,
la
Guadeloupe n'est plus qu'à 930 miles (1.500km). Pour le marin
solitaire, qui regarde et calcule sa route régulièrement sur sa carte, le fait
de passer d'une distance de quatre à trois chiffres représente une réelle
récompense. Dans peu de temps, la terre sera en vue. Dans quelques jours, cette
ligne sera franchie.
" Ah, la Guadeloupe avec ses
plages de sable fin, ses ti-punch meurtriers, ses doudous enrobées et auréolées
de colliers de fleurs multicolores, qui vous réservent un accueil des plus
chaleureux, dans une ambiance de souk explosif à 160 décibels.... Mais voilà
devenir marin, c'est aussi devenir maso, car cette terre est à ignorer
" plaisante Mayeul Riffet, le routeur de l'
expédition 48°Nord.
" La
Guadeloupe ne servira que d'échappatoire en cas de problèmes
physique ou technique, il faut garder en tête l'objectif principal : rejoindre
la Floride qui
se situe encore à 1.980 milles (3.200km),... Et sur une moyenne à moins de 2
noeuds, il faudra attendre la fin du mois de juillet pour commencer à penser
poser les pieds sur la terre ferme.
En attendant, le jeune globe-trotteur subit les affres de la solitude. " Il y a quelques jours, j'ai
aperçu un voilier à quelques miles. Fou de joie, j'ai essayé de prendre contact
par radio VHF, j'ai envoyé des signaux avec mon miroir, j'ai soufflé dans ma
corne de brume, mais je n'ai eu aucune réaction à mes signaux. Ma déception a
été telle... Ce n'est pas le fait de ne pas avoir pu parler mais surtout le fait
que je n'ai pas eu de réponse, un simple signal pour montrer qu'il m'avait vu
m'aurait suffi. J'en avais les larmes aux yeux. À ce moment-là, je me suis
vraiment senti abandonné. Je me rends
compte que je ne suis pas d'un naturel solitaire. Évidemment, c'est le cas de
tout être humain de vouloir côtoyer son prochain, mais pour moi, l'épreuve est
beaucoup plus grande que l'effort physique, ou la lutte contre la peur de
l'inconnu. Je suis impatient de pouvoir
échanger sur cette question avec d'autres aventuriers dès mon arrivée
".
L'arrivée, ce n'est pas pour aujourd'hui. Quand il aura atteint la Floride, Jean-Gabriel devra remonter sur son vélo jusqu'en Alaska
(8.000km), puis en fonction de la saison, ce sera la traversée du Pacifique en
direction de la
Sibérie (2.200 miles nautiques soit
3.500km) et une dernière étape à vélo (10.000km) le ramènera dans la capitale
française.
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