Le 11/04/2010 - 14h52
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SPORTWEEKXTREME
Jean-Louis Etienne a réussi son pari
Jean-Louis Etienne est arrivée en Sibérie-Photo : Francis Latreille/7e continent
Le médecin-explorateur français a survolé le Pôle Nord en ballon pendant cinq jours. Il est arrivé samedi en Sibérie, et a été récupéré dimanche par son équipe.
C'est à 7h40 (HF) ce samedi matin que le ballon de l'expédition Generali Arctic Observer s'est posé en plein milieu de la Sibérie, à 280 km dans le nord de la ville russe de Batagaï. Jean-Louis Etienne est en bonne santé. Il vient de réussir la première traversée de l'océan Arctique, après 121h30 (5 jours et 1h30) et 3130 km parcourus entre Longyearbyen (Spitzberg) et son aire d'atterrissage - en réalité il aura volé sur une distance de 3631 km.
Jean-Louis Etienne va bien et s'est posé tout en douceur dans la toundra sibérienne avec un vent de seulement 2 km/h. Des conditions idéales qui lui ont permis de poser verticalement sa rozière. La seule difficulté rencontrée par le médecin-explorateur a été d'arriver à dégonfler seul l'énorme ballon qui offre une immense prise au vent et dont l'enveloppe pèse à elle seule 350 kg.
Jean-Louis Etienne vient de réaliser la première traversée de l'océan Arctique en ballon. La précédente tentative comparable était celle du Britannique David Hempleman-Adams en 2002. Parti du Spitzberg, il avait survolé le pôle Nord avant de revenir au Spitzberg. En traversant l'océan Arctique, Jean-Louis Etienne a donc établi un premier temps de référence sur la distance parcouru en ballon au dessus de l'océan Arctique. Pris dans une tempête de neige dans les parages du Pôle Nord mercredi, Jean-Louis Etienne avait dû faire face le lendemain à des problèmes d'énergie à bord, ses panneaux solaires n'ayant pu recharger les batteries pendant la tempête.
Après une bonne nuit de sommeil réparateur, l'aérostier a été rejoint par son équipe technique en début de matinée dimanche, en pleine Yakoutie, au centre de la Russie. En quelques heures, l'équipe a dégonflé le ballon, replié l'enveloppe, rangé la nacelle et embarqué l'ensemble à bord d'un gros hélicoptère russe de transport MI-8 en direction de Yakutsk, avant un retour en France en début de semaine.
" J'étais très fatigué hier soir. Je me suis endormi en mangeant et me suis réveillé un peu plus tard avec la cuillère dans la bouche ! s'amusait dimanche matin Jean-Louis Etienne
. J'ai dormi comme une bûche et maintenant ça va mieux. Tout le matériel a été embarqué dans un hélicoptère MI-8. Je vais pouvoir me restaurer et retrouver un peu de chaleur. " Avec un peu de recul, Jean-Louis Etienne analyse les difficultés d'une telle expédition par rapport à ses nombreuses expériences polaires précédentes.
" J'ai fait pas mal d'expédition sur terre ou sur mer. La différence c'est qu'en l'air, le moindre problème peut être fatal. Dans les airs, il n'y a jamais de répit. Si quelque chose ne va pas, on ne peut pas faire de pause pour regarder ce qu'il faut faire. L'analyse doit être vite faite et la décision rapide. C'est ce qui rend tout ce qui est aérien intense, surtout dans des circonstances pareilles. J'ai connu des moments tendus en volant bas. Je faisais du "radada" à 50 noeuds sur la banquise. C'était très impressionnant. J'ai enfin pu me reposer en touchant le plancher des vaches. " A peine de retour sur terre, l'infatigable médecin-explorateur regarde déjà vers le futur et ses prochaines aventures.
" J'ai un projet depuis deux ans d'un bateau d'exploration océanographique qui aura la capacité de voyager dans les régions polaires. Mais c'est un projet à long terme. Je continuerais certainement à voler en ballon d'ici là. C'est un appareil d'observation absolument extraordinaire. On vole lentement. Il n'y a pas de vent, pas de bruit. C'est un formidable balcon sur la nature. "
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