Le 30/11/2006 - 15h15
Par
SPORT / Simon Bardet
Maud Fontenoy a quitté l'Ile de la Réunion le 15 octobre pour réaliser le tour du monde à l'envers et en solitaire. Après 46 jours passés en mer, la navigatrice a parcouru plus de 6300 km. Elle redescend actuellement vers le Cap Horn. Carnet de bord.
Les conditions de navigation
J'ai passé deux journées très difficiles. J'ai été pas mal secouée. Je suis un peu toute cassée, un peu mal partout. En ce moment, il y a un brouillard à
couper au couteau. Le bateau avance pas mal (10 noeuds). Quelques
dauphins qui sont venus me redonner le sourire. Ces deux derniers jours, la météo n'a pas prévu autant de vent. Je suis super prudente. J'essaie de
contourner les dépressions mais en ce moment je n'ai pas le choix, je ne peux
pas les éviter. Ma blessure au pouce n'a pas évolué. Je ne peux toujours pas le plier. J'ai
enlevé l'atèle parce qu'elle me gênait. Mais les bonnes âmes me disent qu'il
n'y a pas de souci. On me le recassera à l'arrivée pour le remettre dans le
bon sens. Il ne me dérange pas pour les manoeuvres. Tout va bien, je ne peux pas
me plaindre. Physiquement, c'est juste un peu usant jour après jour.
C'est la descente que l'on appréhende le plus : on traverse des dépressions. Le froid est de plus en plus fort. Après, il faut attendre le bon moment pour passer. Je boirai le rhum peut-être que 10 jours après le passage, une fois à l'abri. Le Cap Horn, ce sera un grand moment. J'espère voir un petit bout de côte, ce serait sensationnel. Après, je sais que je commencerai à remonter un petit peu.
La vie à bord
La nuit, je dors par périodes de 10-15 minutes. Il faut quand même contrôler ce qui se passe à l'extérieur, constamment être sur
le qui vive, pour être certaine de ne pas virer de bord. J'essaye de garder le sourire même si quand on est enfermée et secouée dans le bateau pendant 48 heures, on ne fait pas la maligne. On a un peu peur. On a envie d'être bien protégée dans une maison avec un
chocolat chaud. Ce sera pour dans quelques mois à la Réunion...
Toutes les journées sont idéales puisqu'elles
sont un bout de chemin de mon rêve. Même quand les conditions sont difficiles
je n'en veux jamais à l'océan. Une journée idéale c'est quand je vois un peu
de soleil. Quand cela ne va vraiment pas, je me lave, je
me mets de la crème qui sent bon, je me coiffe, je me fais une natte, je me
mets du parfum, je me change. C'est mon petit moment de bonheur à moi, qui me
permet de retrouver ma vraie personne et ma féminité.
L'écologie
Quand on est loin de tout, on est parfois
surpris de voir si loin de la terre de la pollution. Moi, j'ai une épuisette à
bord, mais je n'ai pas toujours l'occasion de ramasser tout ce que je vois
traîner sur l'eau. Pour le chauffage, je voulais un chauffage écologique, comme
je n'en n'ai pas trouvé : je n'ai pas de chauffage à bord du bateau !
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