Le 10/03/2008 - 16h18
Par
SPORT / J.G
Deux mille chiens, 270 conducteurs venus de 17 pays ont participé pendant trois jours, du 7 au 9 mars, au championnat du monde de courses de chiens de traîneau dans la petite ville d'Aasarna, au centre de la Suède.
Au
sommet d'une colline enneigée proche d'une église en bois pittoresque, une
odeur forte d'urine et de fourrure humide flotte dans l'air tandis que les
aboiements et grognements sont assourdissants. "C'est assurément la plus grande course de chiens de traîneau
au monde", assure Niklas Anderson, porte-parole pour l'événement, en enjambant
sa motoneige, seul moyen de locomotion avec les skis et les traîneaux pour se
frayer un passage et dégoter la meilleure place pour assister à la course. Du 7 au 9 mars, des équipes de chiens (un à plus de quatorze)
se sont affrontées dans la catégorie traîneau dans laquelle hommes et femmes
concourent ensemble ou bien dans la catégorie ski, où hommes et femmes sont
séparés.
"On
n'a pas besoin d'avoir tant de muscles que cela pour être sur un traîneau...
Parfois les femmes peuvent même avoir un avantage car elles sont plus
légères", explique Martin Hanselle, un Allemand enthousiaste muni d'un
imposant équipement photo. Les huskies sibériens, les plus rapides, concourent
dans une catégorie à part. Les autres, le malamute d'Alaska, le chien du
Groenland et le samoyed reconnaissable à son pelage blanc rappelant sa sibérie
natale, concourent ensemble.
Des contrôles anti-dopages comme pour les hommes
La veille de la compétition, les
propriétaires doivent soumettre leurs chiens au contrôle des vétérinaires, qui
délivrent le sésame final pour participer à la course.
"Nous vérifions qu'ils n'ont pas de
maladie ou de blessure", explique l'un d'entre eux, Maria Lundvall
alors qu'elle inspecte les huskies sibériens de Jochen Wypukol, 48 ans, venu
d'Allemagne. "C'est la première fois qu'il est sur la table", dit-il.
Son chien Shadow, un husky avec un oeil marron, un autre bleu perçant, couine
et se tortille devant la vétérinaire, qui inspecte canines incisives, yeux,
oreilles, pattes. La femme, veste fluorescente sur le dos, demande à M. Wypukol
de faire une courte course pour voir si l'animal boite. "La plupart des chiens que j'ai inspectés sont en bonne santé mais
quinze ont été disqualifiés jusqu'à présent", dit-elle. Parmi les propriétaires malchanceux, Simon
Manning, 39 ans. Il lui a fallu trois jours pour conduire ses six huskies
depuis le Yorkshire en Angleterre jusqu'à Aasarna pour tenter sa chance pour la
première fois sur neige. "Je n'ai pratiqué qu'une seule course
et je suis tombé (...). Rester sur le traîneau est ce qu'il y a de plus
difficile", estime-t-il pendant que Catharina Freskgaard inspecte ses
chiens. L'un des animaux a été blessé à l'oeil. Il est disqualifié. La raison ?
Les médicaments. La vétérinaire dessine un cercle rouge sur le train arrière
devant le propriétaire dépité.
Un sport onéreux
Une autre équipe plutôt accoutumée aux routes non goudronnées d'Afrique du Sud a plus de chance: les trois compétiteurs ont emprunté des chiens en Suède pour éviter que les leurs soient placés en quarantaine. "La course de chiens est un sport cher qui exige beaucoup de travail", commente M. Andersson. En Suède, de bons chiens coûtent 9.000 couronnes (960 euros). En Allemagne, cela peut aller jusqu'à 20.000. Et "les chiens ne représentent qu'une petite partie du coût", dit-il. M. Andersson et sa compagne Marie Israelsson, une des meilleures conductrices de traîneaux de la région nordique, possèdent six huskies et deux chiens de chasse. Pour la seule nourriture, ils déboursent 35.000 couronnes par an sans compter les masseurs pour détendre les animaux. "Mais tisser un lien avec un husky est un sentiment unique qui n'a pas de prix", assure Pierre Slabbert, venu d'Afrique du Sud.
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