Le 30/08/2006 - 16h15
Par
SPORT / Alain Mattei
Raid Danube : 600 kilomètres au bord de l'eau
SportWeek
Patrick Beauchard aime rouler. Longtemps si possible. Habitué des raids en solitaire, c'est accompagné de sept autres patineurs qu'il a cette fois choisi de faire la route. De la source du Danube à Donaueschingen, six jours d'aventure les attendaient le long du fleuve.
"On rêverait d'avoir ces structures-là en France". Patrick Beauchard a trouvé un petit paradis pour patineurs. Sur le Donauradweg, une des nombreuses pistes cyclables allemandes, l'équipe de huit riders qu'il a formée a passé six jours inoubliables. Une moyenne de 100 kilomètres parcourus chaque jour, des nuits en camping dont deux sur un vrai lit et des souvenirs plein la tête, voilà en quelques mots à quoi pourrait se résumer l'aventure.
Car c'est bien d'aventure dont il s'agit. Après un raid solitaire sans assistance à travers la France, Patrick Beauchard veut
"partager l'aventure avec d'autres". Le long du Danube, un parcours à 85% goudronné lui offre cette belle opportunité. Et tout s'active :
"Cela m'a pris un an pour tout mettre au point " explique-t-il. Il a d'abord fallu recruter des compagnons de route. Dirigeant du club du Roll' air Mousseaux, c'est naturellement là qu'il trouve les premiers volontaires.
Au final, les profils des riders présents au départ de l'aventure sont variés. De 21 à 49 ans, six hommes et deux femmes sont du voyage. Trois nationalités sont représentées au total puisqu'une Belge et un Allemand les rejoignent. Pour Patrick Beauchard, plusieurs choses primaient : que tous soient capables de réussir cette traversée et qu'elle s'effectue dans un esprit sportif. Sa crainte
"était de tomber sur des gens qui se surestiment". Le but de l'expédition était, avant tout, de soutenir des moyennes de vitesse importantes.
Une ambiance formidable
Le dimanche 20 août, l'heure du grand départ a sonné. Suivis d'un minibus transportant le matériel, les huit riders commencent leur traversée du sud de l'Allemagne d'ouest en est. Le parcours, à 80% goudronné, les oblige à emprunter la route et donc les lacets de la Forêt Noire.
"Tant qu'on est sur la piste, il n'y a pas trop de dénivelé. Il y a eu un passage difficile où il a fallu grimper quelques lacets... et donc les redescendre", raconte Patrick Beauchard. La descente s'est révélée périlleuse.
Obligés de s'appuyer sur le minibus pour ne pas prendre trop de vitesse, certains des coureurs ont malheureusement chuté. Bilan de l'incident : quelques éraflures et même cinq points de suture au menton pour l'un d'eux. Malgré les bobos, l'équipe reste soudée et l'ambiance est excellente. Sur une moyenne oscillant entre 21 et 26 kilomètres par heure, le groupe rallie l'arrivée comme prévu, le vendredi suivant. La fatigue est là, plus ou moins forte selon les organismes mais la satisfaction d'avoir réussi l'emporte. Après une journée de repos sur place, les patineurs regagnent leur quotidien des souvenirs plein la tête. Cette aventure a soudé des riders qui pour certains se connaissaient peu.
Au coeur d'un mois d'août maussade, l'équipe a même eu la chance de toujours rouler au bord de l'eau mais sans jamais se retrouver sous la pluie. Cette dernière, s'étant contentée de tomber la nuit, laissant la voie libre aux patineurs le matin venu. Patrick Beauchard, lui, rêve déjà de nouvelles aventures rollers aux pieds :
" J'ai d'autres idées, comme celle de traverser les rocheuses canadiennes ". Que les amateurs de grands espaces se préparent !
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