Le 17/12/2008 - 15h42
Par
MYFREESTYLE / Sarah et Mika
Ca cale au démarrage
SportWeek
Pour quitter Sydney et nous lancer enfin à l'aventure, nous avons dû réfléchir au moyen le plus économique de traverser ce grand continent.
En tenant compte du prix des billets de bus entre les grandes villes, des tarifs des dortoirs en auberges de jeunesses, de notre envie d'aller où bon nous semble quand bon nous semble et en n'oubliant pas qu'on se promène continuellement avec 4 sacs à dos contenant tout ce qui peut être nécessaire pendant deux ans (ça paraît négligeable mais c'est assez encombrant au restau), nous avons convenu que la meilleure solution était d'avoir notre propre moyen de transport. Un véhicule qui nous permettrait à la fois de nous déplacer facilement, qui nous servirait de chambre, qui nous permettrait de nous abriter de la pluie (je crois que les orages nous ont un peu traumatisé), dans lequel on pourrait laisser nos affaires pendant quelques heures (à la plage, pas besoin qu'un de nous reste à garder les sacs pendant que l'autre se baigne)..., en gros le parfait compagnon de route pour les grands aventuriers que nous sommes.
L'hypothèse d'une location a vite été éliminée car les tarifs sur 3 mois faisaient exploser notre budget. Il nous fallait donc acheter notre propre véhicule. On s'imaginait, longeant le Pacifique dans notre magnifique Combi Volskwagen vert anis avec de grosses fleurs roses, Beach Boys en fond sonore, les planches de surfs sur le toit. Mais il y a plus de chances de tomber en panne avec ces vieux vans que de trouver des pièces de rechange pour un moteur de 1973 au milieu du désert. On s'est donc rabattus sur des véhicules plus classiques. Nous avons commencé à regarder les petites annonces dans les journaux, mais là encore, on était hors budget. Heureusement, il existe en Australie une forte communauté de backpackers.
Petite parenthèse sur ces fameux "Backpackers". Ce sont des "Porteurs de sacs à dos" (en français on dit "routard" mais quand on fait un tour du monde c'est plus cool de dire backpackers.) Ils sont la plupart du temps, Australiens, Néo Zélandais, Sud Africains, Suédois, Danois ou Allemands, mais très rarement Français. A la fin de leurs études, ils partent en voyage pendant plusieurs mois en Océanie, Afrique, Amérique du Nord, continents qui contrairement à l'Europe, ont des structures qui facilitent leurs voyages. Il y a donc tout un business organisé autour de cette communauté. On trouve des hôtels pour backpackers, des agences de voyages pour backpackers, des bars, des magazines voire même des quartiers de certaines villes regroupant tout ce dont un backpacker peut avoir besoin. La vraie différence avec des bars, hôtels, etc... normaux, c'est qu'ils sont moins chers et souvent plus pratiques. Fin de la petite parenthèse.
En Australie, il existe des concessionnaires pour backpackers. Ils proposent des packages avec assurance, assistance et même la promesse d'un rachat en fin de séjour . Les vendeurs donnent plein de conseils, ils sont super sympas, et ça, venant d'un concessionnaire (même pour backpacker) c'est louche. En fait on achète leur voiture un peu cher, et avec la revente, on arrive à un prix intéressant. Le piège c'est qu'il faut bien lire les petites lignes du contrat car on ne récupère pas forcément tout l'argent qu'on aurait voulu. Dans le même temps, nous avons cherché à racheter des véhicules directement aux voyageurs qui allaient quitter l'Australie, nous avons trouvé pas mal d'annonces intéressantes mais jamais personne ne répondait lorsque nous téléphonions.
Nous étions donc en retard sur notre planning, nous faisions des calculs d'apothicaires pour économiser le moindre Euro, et la seule chose sur laquelle nous avions enfin un avis définitif, c'est qu'il fallait tirer un trait sur les vans. En effet, même si ils sont plus fun qu'une voiture, ils sont trop chers car trop bien équipé pour nous (on n'a pas besoin d'une table pour jouer au poker ni d'un bac pour faire la vaisselle).
Et puis le miracle est arrivé. On est tombé sur une annonce complètement par hasard. Elle n'était affichée que depuis quelques minutes. On était les premiers à appeler. On a pu essayer la voiture dans la foulée. Bien que plus ancienne, elle était en meilleur état que bien d'autres proposées en concessions. Elle avait passé le contrôle technique un mois auparavant, elle avait peu de kilomètres au compteur (207 000 km), elle était rouge, et elle avait les sièges arrière qui se pliaient pour transformer le coffre en un lit king size. En plus elle était vendue avec un matelas (dont on sent les ressort), une glacière (qui ne ferme pas), et un réchaud à gaz (tout neuf). Sans entrer dans les détails financiers, elle ne coutait que 3400 $ australiens (1900 €) à l'achat quand la même voiture aurait coûté 3000 $ après revente chez les concessionnaires. On pense donc avoir fait une super affaire mais on ne pourra réellement le savoir que dans 3 mois.
Nous étions donc bien contents mais pas forcément sortis d'affaire, car les particuliers, ça ne prend pas les cartes bleues, et retirer 3500 dollars au distributeur (en 1 jour) ce n'est pas forcément facile. D'autant plus que même si les plafonds hebdomadaires de nos 2 comptes nous permettent juste d'avoir le bon montant, il faut ensuite vivre pendant une semaine sans retirer d'argent. On a donc fait le tour des distributeurs de la ville, et on a récolté suffisamment pour aller acheter notre nouvelle voiture. Après quelques vérifications d'usage du type " est ce qu'une voiture aussi parfaite ne serait pas un peu volée? ", et après s'y être pris à 3 fois pour faire un enregistrement administratif (comme en France, chaque interlocuteur nous donne une info différente et nous renvoi vers un autre service) nous sommes devenus officiellement propriétaires d'une superbe Ford Falcon break de 1993. La Rolls Royce des routards australiens. Comme elle n'a pas encore été baptisée nous vous proposons un petit jeu. Envoyez nous des idées de noms pour notre voiture. La meilleure proposition permettra à son auteur de recevoir une carte postale d'Australie.
Alors là vous vous dites que, c'est bon, on en a fini avec nos histoires de voiture. Et bien pas tout à fait car figurez vous qu'après avoir acheté une voiture, il faut pouvoir la conduire. Et les Australiens ont gardé le système britannique. Ils roulent à gauche.
Nous avons donc traversé Sydney avec notre gros bateau (presque 5 m de long et 2 m de large) en commentant à haute voix toute les actions qu'on faisait pour que l'autre puisse valider ou corriger en cas d'erreur. "Avant de démarrer au Stop, il faut que je regarde à droite" "Attention, tu serres trop à gauche, tu vas taper dans les voitures (ça marche aussi avec le trottoir, les piétons, le mur), ...". Il faut penser à regarder à gauche pour le rétroviseur, ne pas prendre les ronds points à l'envers, et comme les commandes aussi sont inversées, il ne faut pas mettre les essuie-glaces au lieu du clignotant. Pour rentrer à la maison le premier jour, nous avons du chercher notre chemin et pour faciliter les choses la signalisation n'est pas placée exactement comme en France. Elle se trouve en général après l'intersection. C'est à dire que si vous arrivez jusqu'au panneau directionnel, il est trop tard pour tourner et si vous vous arrêtez devant le feu rouge, vous êtes au milieu du carrefour. La seule vraie bonne nouvelle c'est que nous avons une boîte de vitesse automatique, c'est déjà ça de moins à penser. Dernier petit détail, c'était l'heure de pointe. En gros c'était comme demander à quelqu'un de traverser Paris à 8h du matin, le jour de son permis, (en passant par la place de l'Étoile). Après 1h30 de stress, après s'être perdus 2 fois et après quelques frayeurs et énervements, nous sommes arrivés à bon port (heureusement pas de créneau à faire).
On rassure tout de suite la famille, maintenant tout va bien. Les automatismes viennent rapidement et nous venons de rentrer (vivants) d'un gros week-end sur la côte au sud de Sydney.
Sarah et Mika
Soyez le premier à donner votre avis