Le 14/03/2009 - 15h15
Par
SPORTWEEKXTREME / Sarah et Mika
On ne va pas consacrer un article à la pire semaine que nous ayons connue depuis notre départ. Nous voulions bronzer et prendre des cours de surf, et bien nos plans sont tombés à l'eau.
Il n'a pas cessé de pleuvoir pendant une semaine. Et dans une région où la seule chose à faire c'est profiter de la plage, ça gâche forcément le plaisir. De plus, lorsque vous vivez dans une voiture, le choix des activités est assez limité. Nous avons donc acheté des livres en attendant que ça passe, mais ce n'est pas passé. Nous sommes allés au musée, au cinéma et avons trainé dans des centres commerciaux. Mais le dimanche, quand tout est fermé, c'est vraiment l'enfer. Nous ne pouvions même pas faire à manger puisque les aires de pique-nique étaient inondées. Une nuit, nous avons même du déplacer la voiture car nous n'étions pas certains qu'elle résisterait au vent violent qui nous poussait vers la falaise. Nous avons finalement payé pour des chambres de motels bons marchés dans lesquelles nous avons soigné notre déprime en regardant la TV. Sur le trajet retour vers Sydney, le temps est passé d'" apocalyptique " à " orageux ", ainsi entre 2 averses nous avons pu voir des dauphins dans la baie de Hawks Nest, nous avons discuté avec des joueurs de Bowls, avons fait une courte balade dans un parc où nous avons vu des colonies de chauve-souris, et le dernier jour, nous avons enfin trouvé une activité gratuite à faire en intérieur : le tasting. Dans la Lower Hunter Valley, la plus ancienne région viticole d'Australie, nous avons fait des dégustations... de bière.
Dès le lendemain, pas de temps à perdre pour vendre le Cagibi. Nous rédigeons une magnifique annonce qui allèchera tout backpacker en quête d'un véhicule. Il faut tout d'abord trouver l'argument qui pourra nous différencier des dizaines d'autres Ford Falcon Break mises en vente. Nous mettons en avant le principal atout de notre voiture : les réparations récentes. Parce que, évidemment, quand on est backpacker, on cherche la voiture qui aura le moins de chance de tomber en panne. Et comme bien souvent on n'y connait rien en mécanique, on se fie juste aux dates des réparations sur les factures des garagistes. Pour le vendeur, l'important est d'expliquer que s'il y a eu autant de réparations, ce n'est pas parce que la voiture tombe en ruine mais parce qu'il est soucieux de l'entretien de son véhicule. Deuxième question cruciale, le prix. Parce qu'au final, si on y réfléchit, elle nous a coûté cher cette voiture : 3400$ à l'achat + 1200$ de remorquage ou réparations diverses, sans compter l'essence. Mais on ne peut pas la mettre en vente à 4600$ car ce n'est pas la bonne saison. Et oui, en Australie il y a une saison pour les cerises, une saison pour le rugby et une saison pour la vente des voitures. Lorsque nous sommes arrivés en décembre, c'était le début de l'été et on trouvait difficilement des voitures à moins de 4000$. Là, c'est le début de l'automne et comme les feuilles, les prix commencent à tomber. Rares sont les annonces à plus de 3500$. Néanmoins, nous savons que la peur de se retrouver en panne au milieu du désert peu pousser les gens à mettre un peu plus d'argent dans leur voiture. Nous la mettons donc en vente pour 3900$ . Ensuite, nous faisons le tour de tous les hôtels pour backpackers de Sydney et sa région, ainsi que les cyber-cafés et les lavomatic.
Cela nous prend un jour et demi pour afficher une cinquantaine d'annonces et ensuite il ne nous reste plus qu'à attendre qu'on nous appelle. En fait dès le premier soir nous avons un coup de fil. Un belge, très pressé, veut voir la voiture immédiatement. Mais nous ne pouvons pas la lui montrer car elle n'est pas très présentable. Elle n'a pas encore été nettoyée après les 3 mois de route et le revêtement du plafond se décolle. Ce même soir, nous sommes invités à une soirée d'anniversaire chez un ami français en stage à Sydney, nous négocions donc une visite pour le lendemain matin. Le belge veut la voir le plus tôt possible, mais nous avons une heure de route pour aller de notre logement à Sydney. Après s'être couché à 3 heures du matin, Mika se lève à 6h30 pour aller nettoyer la voiture et réparer le plafond. Au moment de partir pour le rendez-vous, nous recevons un SMS. Le belge a déjà acheté une autre voiture, le rendez vous est annulé. Heureusement, dans la foulée nous avons une autre visite. Deux canadiennes qui, après avoir posé des dizaines de questions, l'avoir testé dans tous les sens, sont emballées par notre Cagibi. Évidemment, quand on voit les autres voitures sur le marché, essayer notre voiture c'est l'adopter. Encore faut-il l'essayer. Car après les canadiennes, pas d'autres visites. Quelques coups de fil pour nous demander si on peut descendre notre prix de 3900$ à 2500$, mais rien de plus.
Même si nous avons 10 jours devant nous, le temps passe vite. Et après n'avoir eu qu'une seule visite en 3 jours, nous décidons de descendre notre prix à 3500$. Nous refaisons donc le tour de toutes nos affiches pour changer le tarif et nous nous rendons compte qu'en seulement 3 jours, une dizaine d'affiches ont été posées par dessus la nôtre. Lorsque vous vendez votre voiture, cela se fait généralement en 3 jours. Car si le temps joue contre le vendeur, qui, la date de son départ approchant, devra baisser le prix de son véhicule pour le vendre, le temps joue également contre l'acheteur qui n'a pas envie de passer trop de temps à chercher une voiture. Il lui faut également prendre des décisions rapides pour ne pas voir une bonne affaire lui passer sous le nez. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé aux canadiennes. Bien décidées à nous faire baisser notre prix, elles ont pris le temps de négocier en commençant par des propositions très basses. Nous étions sur le point de craquer car nous n'avions pas eu d'appels malgré notre rabais. Mais ensuite tout est allé très vite. Le 5ème jour nous avons eu plusieurs appels pour des visites. En fait, la première chose que le backpacker regarde sur une annonce, c'est le prix. Une voiture parfaitement réparée au prix des autres voitures sur le marché, ça devenait de suite beaucoup plus intéressant. Notre deuxième visite a donc été avec Florian et Fabien, deux français qui ont acheté la voiture juste après l'avoir essayée, et sans vraiment négocier. Les canadiennes ont rappelé pile à ce moment là, mais c'était déjà trop tard. On est contents que tout se soit bien passé car il faut quand même dire que nous avons eu de la chance. Malgré (ou à cause) des réparations, la voiture faisait des bruits pas très rassurants. Il paraît que c'est normal quand les freins et les courroies sont neuves. Mais quand on ne connait rien à la mécanique, ça ne donne pas envie d'acheter la voiture. Au final, aucun bruit pendant les visites, et une voiture vendue en 6 jours pour 3 400$, le prix auquel nous l'avions achetée. C'est vraiment bien si l'on prend en compte que vivre dans le Cagibi nous a fait économiser à la fois le logement et le transport.
Nos conseils si vous devez acheter ou vendre une voiture en Australie : prévoyez 2 semaines, ça vous laissera le temps de prendre les bonnes décisions, et de ne pas devoir agir dans l'urgence. Faîtes un stage chez un mécanicien avant de partir. Ça vous permettra de savoir quoi regarder au moment d'acheter, et en cours de route, c'est toujours utile de savoir faire une vidange, ou de savoir différencier une panne importante d'une broutille. Cela ne sert à rien d'emmener la voiture chez un garagiste pour qu'il la contrôle avant que vous l'achetiez, parce qu'il a autre chose à faire et qu'il ne peut pas tout voir. Anecdote arrivée aux canadiennes (encore elles) : elles avaient trouvé une voiture qui leur plaisait. Avant de l'acheter, elles ont payé un garagiste pour qu'il la vérifie et le mécano à dit qu'elle était en parfait état. Alors qu'elles roulaient jusqu'à leur hôtel pour récupérer l'argent, la voiture est tombée en panne. Autres conseils, choisissez la période à laquelle vous allez acheter et vendre votre voiture ainsi que la ville, car les tarifs varient. Renseignez-vous avant de partir sur les démarches administratives (rego, pink slip,...) en fonction des états. Si vous voyagez moins de 3 mois, les breaks sont parfaits. Vous pourrez dormir dedans et vous ferez la cuisine sur les aires de pique-nique. Au-delà de 3 mois, achetez un van. Parce qu'on devient vite claustrophobe à vivre dans une voiture. Pour les vans, préférez les Toyota Hiace ou Nissan Urvan (plus facile à réparer) et avec un " pop-top ", ça évite de vivre courbé. Dernier conseil quand vous achetez, prévoyez de retirer la somme en liquide avant d'avoir trouvé la voiture. Parce que nous avons bien cru repartir d'Australie sans argent. Lorsque Florian et Fabien ont voulu retirer, ils n'ont pas pu parce que la somme dépassait le plafond hebdomadaire de retrait (et à l'étranger on a même un plafond quotidien). Ils nous ont donc laissé 500$ en liquide et ont fait un virement de leur compte en France vers le nôtre (heureusement qu'ils étaient français). Sauf que nous avons attendu le virement, et qu'il ne passait pas. Nous étions en panique car nous voyions la date de notre départ arriver, et eux également, car n'ayant toujours pas d'argent nous avions gardé la voiture. Ils ne pouvaient pas joindre leurs banques en raison du décalage horaire (et parce qu'on était le week-end). Finalement, la veille de notre départ le virement est passé, et tout le monde a été soulagé.
Fais moi penser de ne jamais t acheter de voiture... ;o)
De plus, 3 mois à dormir dans un Break, lorsque l on mesure plus 1m80, ça doit pas être la même chose...