Le 07/03/2009 - 16h19
Par
SPORTWEEKXTREME / Sarah et Mika
Après être sortis de justesse du désert et avoir procédé à quelques rapides bricolages mécaniques nous permettant d'assouvir nos fantasmes de bonne bouffe et de bon vin, une vraie question se posait : combien de temps ces réparations temporaires allaient-elles pouvoir tenir?
Jusqu'au départ d'Alexis, avec qui
nous souhaitions profiter de sa dernière journée? Jusqu'à lundi, sachant qu'en
Australie seules les mouches continuent de s'activer pendant le week-end?
Jusqu'à Melbourne, où nous espérions que notre ami David pourrait nous
héberger, nous évitant ainsi d'ajouter des frais d'hôtels à ceux d'un
garagiste?
Bref, nous avons décidé de jouer notre carte chance et de réfléchir à tout cela en passant la journée sur le sable brûlant de la plage de Glenelg, charmante petite station balnéaire à proximité d'Adélaide. C'est d'ailleurs là que, en pleine nuit, nous nous sommes retrouvés à 3 dans la salle de bains de notre hôtel (n'allez pas vous faire des idées!) à essayer de refermer le robinet d'eau chaude de la douche qui ne voulait plus s'arrêter de couler et qui emplissait la chambre de vapeur brûlante! (Ce qui n'était pas réellement agréable étant donné la température extérieure). Mais après une vingtaine de minutes d'efforts, les pompes et les tractions régulièrement pratiquées par Mika ont eu raison de ce récalcitrant (on a même eu peur à un moment qu'il ne casse la robinetterie!)
Le lendemain, notre Cagibi - qui n'est plus dans sa toute première jeunesse et à qui nous avons déjà fait parcourir plus de 15000 km en 2 mois - démarre au quart de tour pour déposer Alexis en temps et en heure pour son vol et prend doucement la route vers Melbourne. Cette fois ci, nous la jouons tranquille en faisant une étape dans la petite ville de Dimboola. Là, nous profitons une dernière fois du confort d'un charmant motel et de la fraîcheur de sa piscine, le temps étant décidément trop lourd pour pouvoir dormir dans la voiture. Mais, la nuit passée, tout a changé : le fond de l'air est frais et le vent souffle tellement fort qu'il déporte la voiture. Nous entendons des alertes à la radio demandant aux gens de se calfeutrer chez eux, mais n'ayant pas eu le message dans sa totalité, nous nous imaginons qu'il s'agit d'une alerte pour un cyclone et espérons ne pas le croiser sur la route. Sans le savoir, nous sommes en fait passés ce jour-là entre deux des incendies du Victoria. Arrivés à Melbourne, nous décidons de pousser notre chemin jusqu'à la péninsule de Mornington, où nous devons rencontrer Georgie et Brian Gibbs (vous vous souvenez ? Ce sont les amis de la soeur de Betty, qui nous prêtait son champ en Tasmanie. Et oui, ça marche comme ça en Australie!!). Nous avons été accueillis les bras ouverts et avons partagé avec ce charmant couple de retraités un verre de bière maison, une promenade dans les bois, un délicieux repas et des tas d'anecdotes sur nos deux pays et tout cela en français, s'il-vous-plaît!
Mais le temps passe et notre carte chance a été jouée, il devient donc impératif de refaire une santé à notre Cagibi. Nous arrivons chez David les bras chargés de courses, afin de pouvoir lui préparer un cake aux olives et aux lardons pour le remercier de nous accueillir à l'improviste. Comme la première fois, il nous fait nous sentir comme chez nous et a appelé un ami garagiste qui pourrait examiner notre voiture dès le lendemain. Pour pour être sûrs qu'elle ne nous lâche plus en route, il faut changer toutes les durites. Comme elles datent de 1993, elles sont craquelées par la chaleur et fuient par endroits. On change également les " Walsh Plugs ". Nous ne savons pas exactement ce que c'est, mais ça fait parti du circuit de refroidissement, et elles n'étaient visiblement pas en bon état vu l'eau qu'on perdait à ce niveau. On en profite également pour changer les freins complètement morts, et on fait la vidange, on change les filtres à air, à huile, les courroies, etc... En gros, on offre une vraie cure de jouvence à notre voiture qui l'avait bien mérité. C'est génial, on est sûr de ne plus avoir aucun problème. Le mécano nous dit même qu'on n'aura pas besoin de repasser chez un garagiste pendant un an. Sauf qu'on n'en profitera pas car il ne nous reste qu'une semaine avant de vendre la voiture. Et puis, on a un peu peur car on se dit que pour rentabiliser les réparations il va falloir la revendre très, très chère. Changer une durite coute 120$, alors on s'attend au pire. Mais comme c'est un ami de David, et que les amis de nos amis sont nos amis, nous avons droit au prix d'amis. Et nous nous en sortons pour seulement 700$ (350€). C'est quand même près d'1/4 du prix de la voiture.
En attendant que le Cagibi soit réparé, nous passons 2 jours sur le canapé de David à regarder les ravages grandissants des " Victorian Bushfires " à la TV. Plusieurs foyers allumés par la canicule dans les prairies desséchées se sont très rapidement étendus à cause de vents violents et tournants. En se rejoignant, ils ont détruit plus d'1/4 de l'état du Victoria. Face à des murs de flammes de 20 mètres de haut et avançant à plus de 40 km/h, les gens n'ont pas pu fuir. Plus de 8000 maisons ont été détruites, plus de 200 personnes sont mortes et on ne compte pas les disparus. Il s'agit du plus grave incendie qu'ait connu l'Australie. Et le pire, c'est que certains foyers étaient d'origine criminelle. Les pyromanes sont recherchés (ils en ont déjà attrapé un) et seront inculpés pour homicides volontaires. Pendant que le sud de l'Australie brûle sous une chaleur insoutenable, le nord est sous l'eau. De violents orages ont inondé 60% du Queensland (c'est-à-dire à peu près 2 fois la France). Là encore, de nombreuses vies sont détruites, les gens ont perdu tout ce qu'ils possédaient. Après les vagues de froid et les tempêtes en Europe et la sécheresse en Amérique du Sud, on se demande combien d'autres " avertissements " il faudra pour que les gouvernements se penchent sérieusement sur la question de l'Environnement?
Lorsque nous reprenons la route, les pompiers venus des 4 coins de l'Océanie n'ont toujours pas réussi à maîtriser tous les incendies. L'autoroute vers le New
South Wales est sécurisée, mais nous traversons des zones totalement dévastées. Les maisons sont détruites et les panneaux de signalisation en plastique ont fondu. Parfois, on roule devant une maison qui, sans qu'on sache pourquoi, a été épargnée. Le feu a brûlé toute la végétation et les habitations autour, mais celle-ci a eu de la chance. En chemin, nous passons à une vingtaine de kilomètres d'un feu. Au début, nous le sentons puis commençons à voir de la fumée. Au plus proche de l'incendie, on a l'impression d'être dans un épais brouillard. Nous y voyons difficilement à plus de 10 mètres. Ce soir-là, nous roulons tard pour nous éloigner au plus vite du Victoria.
Les plans pour le reste de notre voyage sont simples. Pendant une semaine, nous allons partir sur la côte au nord de Sydney pour expérimenter " la vie à l'australienne " telle que nous l'imaginons en France. Au programme, barbecues, farniente sur la plage et cours de surf. Ensuite, nous nous donnons un peu plus d'une semaine pour revendre notre voiture à Sydney, puis nous nous envolerons pour Perth sur la côte ouest du continent où nous comptons passer 10 jours avant de quitter ce beau pays et d'aller en Nouvelle-Calédonie.
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