Le 11/02/2009 - 14h09
Par
SPORTWEEKXTREME / Sarah et Mika
Ayant acheté en avance nos billets retour pour le "main land" et ayant également souhaité rester travailler le plus longtemps possible, il ne nous restait plus qu'une semaine pour visiter la Tasmanie.
C'est un peu court pour réellement prendre le temps de profiter des paysages, mais suffisant pour avoir un aperçu de la beauté de cette île.
Lors de notre dernier jour de travail, nous profitons d'un
problème de machines au verger pour filer vers le sud d'Hobart, à Bruny Island.
Bien que peu citée dans les guides, nous avons appris par le bouche à oreille
qu'on peut y observer des pingouins sauvages. Nous arrivons à temps pour
prendre le dernier ferry et, comme on nous l'avait dit, nous nous installons
dans un camping gratuit sur le long du "Neck" (une bande de sable reliant les
deux parties de l'île). Au soleil couchant, nous partons à la traque aux pingouins.
Nous marchons quelques kilomètres et attendons. Après 1 heure à guetter le
moindre mouvement dans l'eau, le soleil a totalement disparu et nous n'y voyons
plus grand chose. Nous avons du rater les pingouins, soit en arrivant trop
tard, soit en ne nous installant pas au bon endroit. Nous allons donc nous
coucher un peu déçus.
Le lendemain matin, nous descendons au sud de cette île pour
faire une courte randonnée dans le South
Bruny National Park. La voiture souffre un peu sur des pistes en terre complètement
défoncées. Cette petite île sauvage est assez jolie mais pas forcément
spectaculaire. L'après midi, nous trouvons une promenade plus intéressante en
dehors du Park et au nord du Neck. Nous croisons quelques wallabies sur le bord
du chemin mais devons écourter la balade
car pour vraiment profiter de cette île, il nous faut absolument voir des
pingouins. Nous essayons donc d'avoir plus d'informations sur leurs habitudes.
Et nous apprenons qu'il s'agit de pingouins pygmées (ou manchots mais en anglais
c'est le même mot). Ils passent toute la journée en mer et à la tombée de la
nuit, ils ramènent la nourriture à leurs petits restés au " rookery ".
Le
rookery c'est un peu le HLM des pingouins. C'est une grande dune avec plein de
terriers. Nous décidons donc d'y arriver
bien avant le coucher du soleil. Il y a déjà une dizaine de touristes
postés sur une passerelle en bois qui sert d'observatoire. Nous nous écartons
du groupe et nous nous installons un peu plus loin sur la plage, cachés par des
buissons. Ces pingouins sont très peureux. Ils arrivent par trentaines sur la
plage et envoient un éclaireur. Celui-ci avance jusqu'à la première touffe
d'herbe, observe la zone à la recherche d'un prédateur potentiel, et appelle
ses congénères si tout va bien. Ils progressent ainsi jusqu'à leurs terriers.
S'ils repèrent un danger, ils repartent tous en courant jusqu'à l'eau.
Lorsqu'ils ont très peur, ils peuvent même régurgiter la nourriture qu'ils
avaient réservé pour leurs petits, et ceux ci meurent de faim. Heureusement
pour nous, ces pingouins sont également complètement miros. Et l'obscurité
aidant, il nous suffit de porter des couleurs sombres et de se poster devant un
buisson pour que le pingouins ne repère que la forme du buisson et pas la
notre.
Installés ainsi, nous attendons près de 3 heures. Et alors que la nuit
est bien tombée, nous commençons à entendre des bruits autour de nous, puis
voyons passer à quelques centimètres de nous un mini pingouin suivi de toute sa
troupe. Ils sont vraiment très rigolos car ils mesurent +/- 30 cm, et ils avancent en
courant littéralement " ventre à terre ". Ils ressemblent pas mal aux pingouins
espions du dessin animé Madagascar. Ils s'arrêtent parfois à moins d'un mètre
de nous, essayent de repérer un danger potentiel, ne nous voient pas et
continuent leur chemin. Il y en a même un qui a failli marcher sur les jambes
de Mika. Il portait un pantalon couleur sable (Mika, pas le pingouin) et dans
l'obscurité il se confondait avec le sable. Un pingouin s'est approché à 5 cm, a essayé de voir s'il
pouvait marcher dessus. Il est resté là, à s'interroger pendant 5 grosses
minutes puis a finalement décidé de faire le tour de la jambe. Nous sommes
ensuite partis nous coucher en faisant très attention sur la route car en
Australie, de nombreux animaux sauvages se font écraser pendant la nuit. Ainsi,
en moins de 5 minutes, nous avons vu traverser devant notre voiture : un
pingouin, un kangourou, un petit opossum gris, un lapin et un gros opossum
brun.
Nous avons consacré le jour suivant à des démarches
administratives, et nous sommes retrouvés le soir venu dans la ville où nous
travaillions pour les abricots, où nous avons croisé par hasard Stéphanie,
Gwéno, Rodolphe et Laurence. Nous avons donc dîné avec eux et Laurence nous a
montré comment faire nos propres pizza en faisant nous-mêmes la pâte et en la
faisant cuire dans une poêle. Bien repus et après une bonne nuit de sommeil
nous avons longé la côte est de la
Tasmanie jusqu'au Freycinet National Park. Cet un endroit
magnifique où nous avons fait une randonnée de 5 heures. La première partie est
très fréquentée, le chemin est bien entretenu et il mène jusqu'à un point de
vue sur Wineglass Bay.
La seconde partie de la rando attire déjà moins de
monde. C'est une descente abrupte vers la baie. Si l'aller n'est pas bien
compliqué, c'est la remontée qui décourage beaucoup de monde. Une fois arrivés
à Wineglass Bay, nous n'avons pas fait demi-tour mais avons emprunté un chemin
qui fait le tour de la péninsule. Bien que beaucoup plus long, il est aussi
beaucoup plus facile. Et après 3 heures de marche, il permet d'arriver à Hazard
Beach. Une autre baie à l'eau turquoise, totalement déserte et dans laquelle
nous avons pu nous baigner avant de terminer cette grosse promenade. Le soir,
nous avons dormi un peu plus au nord du Park sur les Friendly Beaches. Nous
n'avons malheureusement pas pu en profiter car il y avait tellement de
moustiques qu'il nous a été impossible de rester plus de 5 minutes dehors. Nous
avons même du dormir avec les fenêtres de la voiture fermées malgré la chaleur.
Le lendemain, afin de respecter notre planning très serré nous partons au nord de la Tasmanie, à Launceston. Nous passons l'après midi à Cataract Gorge, un parc au coeur de la ville. C'est assez surprenant car c'est le point d'entrée d'une gorge au sein d'une réserve naturelle. Nous avons donc fait la promenade qui remonte la rivière jusqu'à l'ancienne centrale électrique de " Duck Reach " puis avons passé le reste de la journée au bord du lac de ce charmant petit parc. Le soir, nous profitons des barbecues publics pour nous faire un bon repas : crevettes à la plancha et cidre de Tasmanie. Nous apprécions pleinement notre voyage.
Le programme du jour suivant est assez chargé. Route jusqu'à
Mole Creek, visite d'un parc animalier, promenade dans les Alum Cliffs, visite
des grottes de Mole Creek puis route vers le Cradle Mountain National Park.
Nous commençons donc par le Trowunna Wildlife Park. Il s'agit d'un centre dans
lequel les animaux orphelins sont recueillis après que leurs parents aient été
écrasés. Les bêtes ont donc toujours été habitués à la présence humaine et il
est possible de les porter, de les caresser, de leur donner à manger. Nous
étions excités comme des gosses (surtout Mika) car en Australie, la moitié des
animaux est extrêmement mignonne (l'autre moitié étant extrêmement dangereuse).
Nous avons pu prendre le temps de voir et dorloter des koalas, des kangourous,
des échidnés (sortes de mini porc-épics), et les plus mignons et les moins
connus : les wombats. Nous avons également caressé des Diables de Tasmanie qui
sont très loin de l'image que l'on peut s'en faire. Eux aussi sont très mignons
et ils sont en voie d'extinction. Depuis quelques années, les Diables ont
développé une maladie et le Trowunna Wildlife Park est également un centre de
recherche contre cette maladie. Il est fort probable que cela soit du aux
produits de plus en plus toxiques utilisés sur les nombreuses exploitations
agricoles de l'île.
Au moment de reprendre la route, alors que le temps avait
été plutôt clément sur les jours précédents, un énorme orage s'abat sur le
parc. Nous nous réfugions dans la voiture mais au moment de repartir,
impossible de démarrer. C'est assez ennuyeux car la Tasmanie reste un
territoire sauvage et la ville la plus proche est à 25 km. On espère donc que ce
n'est pas grand chose, mais comme on ne connaît rien à la mécanique on ne sait
pas quoi faire. Heureusement, nous ne sommes pas tombés en panne sur la route
mais sur le parking du parc. Nous demandons de l'aide aux employés qui, en bons
australiens sont adorables et serviables. Le problème ne vient pas de la
batterie. Malgré la pluie ils jettent un coup d'il au moteur, ils nous donnent
de l'essence car la jauge affiche un réservoir vide. Mais rien n'y fait. Nous
sommes obligés d'appeler un remorqueur et un garagiste. Mais ne connaissant pas
la région (et comprenant 1 mot sur 10 de l'argot de la campagne Tasmanienne) ce
sont les gens du wildlife parc qui s'occupent de tout pour nous. Nous passons
donc la nuit dans la petite ville de Deloraine et récupérons la voiture le
lendemain après-midi après qu'on ait changé la pompe à fuel.
Nous tirons un trait sur la balade dans les Alum Cliff (de toute façon, il ne faisait pas beau) et arrivons à temps pour la dernière visite de Marakoopa Cave. Ce sont de très jolies grottes avec des formations calcaires assez originales (en forme de piscines naturelles) et dans lesquelles vivent des vers luisants.
Après cette visite, nous partons directement pour le Cradle
Mountain National Park. C'est un peu le Disneyland des National Parks
tasmaniens. A quelques kilomètres de l'entrée on trouve des complexes
hôteliers, et plus on se rapproche du Park, plus les hébergements sont chers.
On commence donc avec le camping classique pour finir avec des chalets avec
spa. Alors qu'on peut généralement s'arrêter pour dormir sur le bord de
n'importe quelle route en Australie, là c'est impossible. Et même à l'intérieur
du Park, après avoir payé les droits d'entrée on ne trouve pas non plus de place
pour se garer pendant la nuit. La principale " attraction " du Cradle Mountain
NP est " L'Overland Track ". C'est une randonnée de 6 jours qui traverse le
Park du nord au sud vers le Lake St Clair. Mais si vous voulez le faire, il
vous faudra payer un droit d'accès au sentier en plus du droit d'entrée du
Park. Au départ des sentiers de rando, on trouve une boutique dans laquelle on
vend tout ce qui peut être utile aux randonneurs, le tout à des prix
exorbitants.
Vu de France, ce n'est peut-être pas très choquant car on a pris
l'habitude de payer pour tout. Mais après un mois en Tasmanie, se retrouver
là-dedans fait assez bizarre. Avant de rebrousser chemin pour trouver un
endroit où dormir nous faisons une courte ballade sur " l'Enchanted Walk " (la
promenade enchantée). Elle permet de découvrir la flore de la région, et le
sentier, ressemblant à un trottoir en bois, est accessible aux poussettes et
fauteuils roulants. Bien qu'assez réputée, cette balade n'est rien de plus
qu'une agréable promenade digestive. Nous passons donc la nuit sur le bord de
la route, à quelques kilomètres de l'entrée du Park en espérant ne pas être
garés sur une zone inondable. Car Cradle
Mountain n'est pas le meilleur endroit pour voir le soleil. En effet, il y
pleut 7 jours sur 10 et le 8ème jour il fait gris.
Réveillés très tôt le
lendemain matin, nous arrivons au point de départ de la randonnée que nous
envisageons de faire. Il pleut, il fait froid, on ne voit pas à 50 mètres. Nous hésitons
à repartir, mais après une si longue route nous sommes motivés pour affronter
les éléments. Nous enfilons nos T-shirts, sous-pulls, pulls, polaires,
blousons, bonnets et ponchos, nous espérons que (comme annoncé) le temps va
s'éclaircir, et nous partons pour notre rando. Nous commençons par faire le
tour de Dove Lake sur un sentier en planches de bois, puis, la pluie ayant
cessé, nous commençons une ascension jusqu'à Crater Lake. Le vent écarte les
nuages et nous avons une vue magnifique sur le massif de Cradle Mountain, nous
avons même droit à quelques rayons de soleil. Nous décidons alors de grimper
jusqu'au Marion's Lookout (point de vue de Marion) par la crête et le vent est
tellement fort que nous manquons de nous envoler. Une fois au sommet, malgré
les nuages qui sont de retour, nous ne regrettons pas d'avoir bravé le vent et
la pluie pour arriver là. La vue est superbe (et doit être encore plus belle
les jours de beau temps). Mais nous ne nous éternisons pas trop là-haut car une
tempête de grêle s'abat sur nous. Nous faisons donc très attention dans la
descente car, même si le temps changeant de la Tasmanie a fait revenir
le soleil, le sentier s'est transformé en ruisseau. Nous revenons à la voiture
après 4h30 de marche en ayant pu vérifier le proverbe local qui dit qu'en
Tasmanie, on peut voir les quatre saisons en un seul jour.
C'était notre dernier jour en Tasmanie. Nous prenons la route vers Devonport d'où notre ferry part le lendemain à l'aube. C'est la fête de la ville, nous assistons à un concert et à des démonstrations des écoles de danse de la région. Puis nous trouvons un coin isolé au bord d'une falaise pour passer la nuit. Mais vers 2h du matin, nous entendons des sirènes de police, on se réveille avec des phares braqués sur la voiture et quelqu'un qui hurle au mégaphone "Descendez de la voiture ! C'est la police ! Vous ne pouvez pas dormir ici !". C'est une méthode assez surprenante quand on connait la courtoisie des services publics australiens et au moment où Mika sort à moitié rhabillé, la voiture démarre en trombe dans les rires des farceurs. Nous nous rendormons, mais ils sont de retour et cette fois, se font plus menaçants. Mika les fait fuir une seconde fois en courant à côté de leur voiture, puis nous décidons de changer de lieu et finissons notre nuit sur un parking éclairé à proximité de l'embarcadère pour le ferry vers l'Australie.
Cette mésaventure nous permet de quitter la Tasmanie en étant un peu moins tristes. Nous avons passé un mois dans l'île " Under Down Under ", nous y avons rencontré des gens formidables, avons vu des paysages magnifiques et savons qu'il y a encore énormément d'endroits à découvrir. Il faudra donc qu'on y revienne un jour.
Merci à la famille Ireson-Savage
Dans la maison du bonheur, il y a la grand-mère: Betty, aux yeux et au rire pétillants, la mère: Jo, fêtarde invétérée à l'énergie débordante, la fille: Jess, qui allie insolemment allure de mannequin et talent culinaire, et le copain de la fille: Dane, le roi du barbecue.
La joyeuse bande est aussi accompagnée d'une vache, de chiens, de chats, de moutons et de lapins qui courent dans le jardin. Avec eux, nous avons trinqué, ri, dansé sur " Las Ketchup " et savouré de bons repas... Bref, de fabuleux moments de vie que nous ne sommes pas près d'oublier et que nous espérons pouvoir leur faire partager également lors d'un prochain séjour en France.
Merci à David Pipczak
Rencontré huit mois plus tôt dans un pub à San Francisco, David nous a accueillis comme s'il nous avait toujours connu : avec un double des clés de sa maison et des bières dans le frigo. Il est célibataire, tatoué, fait de la moto et est passionné d'arts martiaux, bref un vrai mec, qui ne laisse pas beaucoup paraître ses émotions. Mais c'est aussi et surtout le genre à se lever à l'aube pour nous acheter du poisson au marché, à nous offrir des T-Shirts typiquement australiens et à payer plus de tournées au bar qu'il nous est possible d'en rendre. Bref, une fois encore, l'illustration parfaite de la générosité australienne. Il va nous en falloir une grande maison pour pouvoir rendre la pareille à tous ceux qui se sont montrés si bienveillants envers nous!
Soyez le premier à donner votre avis