Le 12/04/2007 - 16h20
Par
SPORT / Stéphane Méjanès
Avec Eva Hamzaoui, Deborah Giaoui est en marche vers Pékin. Pieds nus et en tenue légère, beach-volley oblige. Cet ingénieur en aéronautique et construction automobile, qui mesure 1,82 m et danse la salsa, a tout d'une grande. Portrait smashé.
En six ans de pratique du beach-volley, Deborah Giaoui, 26 ans, a eu six
partenaires différentes. Mais pas question de la soupçonner de versatilité, ce
sport est aussi une affaire de casting. Si Annabelle Prawermann, pionnière de la
discipline en France, n'avait pas lancé une grande campagne de détection,
Deborah ne se serait d'ailleurs peut-être jamais usé la plante des pieds sur les
sables du monde entier. Pour son plus grand bonheur. " Après 15 ans de salle,
j'ai découvert un sport qui était à la fois très proche et très différent,
explique-t-elle. Le beach est un sport collectif individuel, on y apprend
beaucoup sur soi-même. "
La valse des équipières, mise en musique par la
Fédération française, est plus enrichissante que frustrante. " Même si on subit,
je ne regrette rien, insiste Deb. Si l'on se choisissait, on pourrait laisser
nos émotions prendre le pas sur la nécessaire complémentarité, tant mentale que
technique. Je serais sans doute moins mature aujourd'hui. " Parce qu'à chaque
fois, c'est une nouvelle aventure, un nouvel investissement, de nouveaux
objectifs. Comme avec Eva Hamzaoui (voir Sport n° 121), qu'elle retrouve pour se
lancer à l'assaut d'une qualification pour les J.O. de Pékin 2008. " On s'est
emparé du projet, assure-t-elle. On se bat pour s'entraîner, pour trouver des
sponsors, on descend chaque semaine à Toulouse, en attendant une salle couverte
à Paris. La fédération française de volley ball nous donne les moyens de
réaliser notre rêve. "
Pour relever ce défi l'esprit libre, Deborah a bouclé
brillamment ses études d'ingénieur en aéronautique et construction automobile, à
l'Estaca, en décembre. Pour ça, pendant neuf mois, en 2003 et 2004, c'est en
Espagne qu'elle s'était exilée, au sein de la très sérieuse entreprise
ArvinMeritor, qui produit notamment des systèmes d'échappement pour Renault, PSA
ou Volkswagen. Une période qui s'est soldée par un déclic. " Je ne savais pas
encore si je voulais travailler ou continuer le volley, confie Deborah. Une fois
là-bas, le beach m'a manqué. "
Depuis toujours, l'exercice physique canalise ses ardeurs. Ses souvenirs
d'enfance la ramènent alternativement vers la maison de campagne de ses parents,
dans l'Yonne, où elle pouvait librement pratiquer l'équitation et le tennis
(elle a été 15-4 à 15 ans), ou à Paris, dans la voiture de sa grand-mère, fan de
sport, qui la promenait de gymnase en gymnase pour ses matches de volley. Le
sport fait aussi parfois office de thérapie. " Enfant, j'étais toujours la plus
grande, sourit-elle. On me mettait au fond de la classe pour ne pas gêner les
autres. Aujourd'hui, j'aimerais être encore plus grande pour mieux réussir dans
mon sport. Avant, je trouvais que j'avais les épaules trop larges, je voudrais
maintenant qu'elles le soient encore plus ! "
L'équilibre, elle le trouve aussi
dans sa passion pour l'art : la salsa, qu'elle a découvert il y a huit ans, et
la sculpture sur glaise, à laquelle elle consacre trois heures par semaine
depuis cet hiver. En jeune femme concernée, elle s'intéresse aussi aux
présidentielles et elle a au moins une question à poser aux candidats : "
Pourrait-on enfin reconnaître aux sportifs de haut niveau qui ne gagnent pas des
millions, comme dans la plupat des sports, un vrai statut durant leur carrière
pour leur permettre d'envisager sereinement l'avenir ? " Nous transmettons.
Stéphane Méjanès
Photos Seb et enzo/sport - Styliste Delphine Brossard
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