Le 19/10/2006 - 19h29
Par
SPORT / Stéphane Méjanès
Ancienne championne de France du 800 m, Nâdiya est devenue la reine du lancer de disque. Elle puise dans le sport et la foi la force qui l'anime dans son métier d'artiste. Entretien sport et musique.
Vous avez été championne d'athlétisme, auriez-vous pu pratiquer un autre sport ?
Quand j'avais 6 ans, je voulais être nageuse. Mais, j'ai rencontré une charmante dame, professeur de sport, qui m'a transmis la joie de la course à pied, les valeurs et la force qu'on peut y puiser. J'avais 10 ans. Elle me faisait courir contre des filles qui s'entraînaient en club et je les battais. J'ai compris que, même avec des acquis, on peut se planter. Il y a toujours meilleur que soi. C'est une valeur qui me sert dans mon métier actuel.
L'athlétisme est un sport individuel alors que vous adorez le travail d'équipe...
On est seul devant mais, athlète ou artiste, il y a plein de monde derrière. La victoire d'une personne, c'est la communion d'une équipe.
De quelles sensations physiques vous souvenez-vous ?
Parfois, au milieu d'une séance d'entraînement, je m'arrêtais pour vomir. Et je repartais. Mais, je garde surtout en mémoire le fait, sous la douche, de ne plus sentir son corps. Quand je terminais un 800 m, j'étais vidée, j'avais l'impression de repartir à zéro, d'être neuve à chaque fois. On lâche tout et on atteint un état de discernement incroyable. Tout est clair.
Est-ce que vous retrouvez ça sur scène ?
J'en parlais récemment avec Yannick Noah et nous étions d'accord. Le concert, c'est une grosse adrénaline, mais c'est une autre énergie. Dans le sport, il y a la notion de souffrance et le fait de vouloir atteindre un sommet. Sur scène, tout se passe dans l'échange, donner-recevoir. Il n'y a pas de douleur. Lors d'un concert, je ne suis pas ce que je suis dans la vie, je suis quelqu'un d'autre. Sur un stade, c'était moi, hargneuse, impulsive. C'est pour ça que j'ai fait du 800 m. J'ai essayé le 1500 m, c'était trop lent, trop long, et le 400 m, c'était trop court.
Entre une médaille d'or olympique et un disque d'or, que choisissez-vous ?
(Elle hésite très longuement.) C'est difficile... (Elle botte en touche.) De toute façon, je n'aurais jamais pu être athlète et chanteuse en même temps. Le sport, c'était un passage. De là-haut, on m'a donné un moyen d'apprendre mon métier. J'ai connu dix ans de galère. Si je n'avais pas fait du sport, jamais je n'aurais pu tenir dans ma tête, c'est trop difficile. Dieu est le plus grand scénariste du monde.
Ma force, ma foi, c'est ce que vous chantez dans la magnifique prière El Hamdoulilah dans votre dernier album...
Le fait de croire, c'est aussi croire en soi, en son être profond, son âme, son coeur, sa tête. On a toujours le choix. Quand on me donne l'occasion de vivre des expériences, je les vis, même si je sais que je vais me planter.
Cette lumière qui se dégage de vous, c'est la réconciliation du corps et de l'esprit ?
(Son visage s'illumine justement d'un grand sourire.) Et de l'âme, aussi. Pour que l'âme soit belle, il faut que le corps et l'esprit soient en harmonie. D'ailleurs, le sport, c'est la victoire de l'esprit sur le corps. C'est ce que vous avez dans la tête qui vous permet d'agir.
Propos recueillis par Stéphane Méjanès
Itinéraire
Nâdiya Zighem
Née le 19 juin 1973 à Tours
Maman de Yanis (7 ans)
Ses parents sont d'origine algérienne. Elle a six frères et soeurs. Son frère Kader a été champion du monde de savate boxe française en 1995
Palmarès :
Championne de France juniors du 800 m en 1989 et 1990
Albums :
Nãdiya (2006)
16/9 (2004)
Changer les choses (2001)
Elle a des yeux de bovins =s
Une chanteuse qui nous présente toujours des clips vidéos aussi cool. Trop forte la miss Nâdiya.