Le 19/06/2008 - 17h10
Par
SPORT / Geoffroy Bresson
Randonnée dans les arbres : Débranche !
SportWeek
Ils grimpent dans les arbres et s'y déplacent. Ils y dorment parfois. Sportweek vous présente les nouveaux Tarzan. Oioiohhh...
On l'appelle Peter Jenkins. Mais dans sa communauté, les gens le connaissent sous le nom de l'" homme-arbre ". Cet ancien alpiniste est le père fondateur d'une grimpette d'un nouveau genre. Comme Tarzan, Peter Jenkins monte dans les arbres. Il saute de branche en branche et installe même des hamacs au sommet des séquoias pour y passer la nuit. Depuis trente-cinq ans, il est le propriétaire d'un petit coin de verdure près d'Atlanta, aux Etats-Unis. Deux chênes majeurs trônent au milieu de son espace vert. Selon la légende, il s'agit de la même espèce d'arbres que ceux où s'était installée la tribu de Robin des bois dans la forêt de Sherwood. L'Américain est tellement fou de ses deux magnifiques chênes centenaires qu'il leur a donné un nom. Le plus grand s'appelle Nimrod et l'autre Dianna. Nimrod est mort cette année, infesté par les scarabées et les champignons. Mais jusqu'à sa dernière goutte de sève versée, il a été (et restera sûrement encore un moment) l'arbre le plus escaladé au monde. Un véritable mythe. Car Peter Jenkins a créé dans sa propriété la première école d'apprentissage à l'escalade de feuillus et Nimrod était l'outil de travail préféré des aventuriers en herbe.
Instinct primaireAvec lui, on apprenait tous les rudiments, pour escalader un arbre en tout sécurité. Du matériel à utiliser à la technique pour grimper, en passant par le repérage des branches à éviter. Ne soyez pas trop nostalgique. Aujourd'hui, la passion de Peter Jenkins s'est élargie au monde entier. La grimpe d'arbres a envahi l'écosse, la République tchèque, Hawaii et même la France.
" Quand on arrive là-haut, on entre dans un nouvel univers, remarque William Guytard, membre du Syndicat français des grimpeurs dans les arbres.
Les sons changent, tout comme la vision. On se sent bien. L'être humain descend du primate et je peux vous dire que dans les arbres, on s'en souvient. Passez une fois la nuit dans un hamac, suspendu à 20 mètres de hauteur, vous comprendrez ce que je raconte. Quand on redescend, on est plus le même homme. C'est une expérience qui marque l'esprit. "Des arbres de 150 m de hautLa grimpe d'arbres est un sport qui se pratique de 7 à 77 ans, si tant est que l'on
ne soit pas sujet au vertige. Malgré cette apparente universalité, dans l'Hexagone, la pratique reste encore très confidentielle.
" Ce sont surtout des colonies de vacances et des comités d'entreprise qui nous sollicitent, admet William Guytard.
Notre sport peut se percevoir de deux manières. Certains amateurs aiment simplement traîner dans les arbres et y passer du temps. D'autres partent carrément pour des expéditions sur les "géants". " N'allez pas chercher ces véritables explorateurs de feuillus chez nous, on les retrouve surtout en train de grimper les séquoias géants américains. Les troncs de ces énormes végétaux peuvent atteindre 150 mètres de hauteur, alors qu'en France, les plus grands arbres ne dépassent pas les 50 mètres.
Les parcours organisés se limitent donc, en général, à des tracés verticaux.
" C'est-à-dire que l'on grimpe et que l'on se balade dans un seul arbre. Visiter toute une forêt, cela demanderait beaucoup d'équipement, avoue William Guytard.
Et en France, il n'existe pas de lieu fixe pour grimper. On veut rester respectueux de la nature. Les associations essaient donc de ne pas installer leur matériel plus de deux ans dans les mêmes endroits, pour laisser la forêt respirer. C'est ce qui fait l'une des différences entre nous et les parcs aventures. " Grimper un arbre ou être en osmose avec la nature... Car de toute façon, mieux vaut préserver l'environnement, pour espérer grimper aux arbres le plus longtemps possible.
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