Le 02/10/2009 - 12h45
Par
SPORTWEEK / Aurélie Beaudouin
Séan, pour la beauté du geste
Séan, champion du monde de foot freestyle-Photo : Alex Tharreazu / Styllball.com
Ancien pensionnaire du centre de formation d'Auxerre, Séan Garnier est devenu footballeur " freestyleur ". Une discipline spectaculaire à découvrir avec le champion du monde 2008.
Séan n'est pas Italien, mais son rêve, c'est de conserver son titre mondial en 2010 en Afrique du Sud. Il est Français, et depuis novembre dernier, champion du monde... de footfreestyle. Un titre remporté haut la main devant 42 concurrents à Sao Paulo, sous les yeux de Bebeto (champion du monde 1994), membre du jury, et Edgar Davids (international hollandais), qui lui a remis le trophée. Petit, Séan (surnommé ainsi en raison de sa ressemblance avec le chanteur Sean Paul) voulait pourtant devenir un footballeur " classique ". Il intègre le centre de formation d'Auxerre, où il côtoie Hassan Yebda (Portsmouth) et Mohamed Sissoko (Juventus), puis l'équipe de CFA de Troyes.
" Mais j'avais cette image de dribbleur et je me blessais souvent, donc les coaches ne me faisaient pas trop confiance ", résume-t-il.
Alors, à 20 ans, il décide de monter à Paris, à Sarcelles précisément, pour une place en division d'honneur et un poste de responsable de l'école de foot.
" J'apprenais quelques gestes aux jeunes, pour le fun. Ça m'a permis de me perfectionner. Alors j'ai acheté une sono, proposé quelques démos pour les fêtes de quartier, ou au Trocadéro, et puis j'ai commencé à avoir des contacts et faire des compétitions. " Cinquième du championnat de France 2007, puis deuxième en 2008, Séan commence à gagner sa vie avec le freestyle. On le retrouve dans
" Incroyable talent ", sur M6, où il atteint les demi-fi nales, grâce à son show sur la musique d'Amélie Poulain.
La vidéo vue sur Dailymotion :
Défier Cristiano RonaldoQualifié d'office pour les prochains Mondiaux, Séan se " contente " d'être juré dans les phases de sélection internationales.
" Ceux qui sortent du lot sont les plus créatifs. Il ne faut pas que notre discipline ressemble au patinage artistique, avec des figures imposées. " Quand il n'est pas juré, ou en démo avec son collectif StreetStyleSociety, qui mêle foot, basket et danse, Séan s'entraîne, au moins trois heures par jour.
" Chaque matin, je travaille mon show, mais aussi les acrobaties et je fais du futsal. J'adore ça. Je préfère largement m'entraîner plutôt que de voir un match de foot. " Séan aime toutefois regarder le Barça et rêve de défi er Cristiano Ronaldo. "
En ce moment, je développe le streetsoccer. Le but, c'est de jouer au foot, de la manière la plus spectaculaire possible. J'aimerais affronter Cristiano. Le premier qui met un petit pont à l'autre gagne. Je peux le battre !". Et contrairement au Portugais, il est sûr d'être en Afrique du Sud en 2010...
SÉAN GARNIERNé le 18 juin 1984 à Sens (89)Formé à Auxerre, a joué à Troyes en CFAet à Sarcelles en DH.Palmarès : 5e du championnat de Francede foot freestyle en 2007, 2e en 2008.Champion du monde Red Bull Street Style 2008Joue-là comme SéanAprès la théorie, la pratique, Séan vous décrit les différentes familles de figures du foot freestyle.
GROUND MOVE Ce sont tous les gestes classiques du football (dribble au sol, passement de jambes, roulette...), mais en freestyle, cela donne un genre de danse. On touche la balle avec toutes les parties du pied, la semelle, l'intérieur, l'extérieur, mais aussi les parties
intermédiaires entre la semelle et l'extérieur, qui ne sont pas trop utilisées au foot. On utilise les genoux également, comme si on dansait avec la balle..
UPPER BODYC'est tout l'art de la maîtrise de la balle avec le haut du corps : bloquer le ballon sur la tête, sur les épaules, sur les yeux... On peut aussi jongler avec les épaules. Parmi les différentes figures de cette famille, le " neck stall " (" blocage nuque " en français),
qu'on a souvent vu Ronaldinho exécuter à l'entraînement, consiste à amortir le ballon
derrière la nuque. Pour cela, il faut positionner le dos assez droit, et fléchir les jambes.
SITDOWNC'est tout ce qui est jonglage assis. Là, tout l'intérêt est d'effectuer des combinaisons,
mélanger des familles. On peut par exemple faire un tour du monde, s'asseoir pendant que
la balle monte, et récupérer la balle en position assise. Une fois que les bases sont acquises, pour être un bon freestyler, il faut accumuler les combinaisons.
LOWERCe sont toutes les figures à base de jonglages avec les pieds, qui s'effectuent debout.
L'incontournable, c'est le " Tour du monde ", ATW en anglais. C'est la figure la plus connue, l'un des premiers gestes que les freestylers apprennent. Il faut donner un effet au ballon et faire passer la jambe autour pendant que le ballon est en l'air.
DANCE MOVEempruntés à d'autres disciplines, comme le break ou les acrobaties. Ce sont des figures un peu plus visuelles, où on peut se servir d'objets. Le plus classique, c'est de faire tourner la balle autour d'un stylo. On peut aussi mettre le ballon sur sa tête et enlever et remettre un bonnet ou une casquette, ou mettre la balle dans son T-shirt et faire des combinaisons avec. C'est très ouvert. C'est encore plus freestyle que le freestyle.
Les sélections pour l'Afrique du Sud continuentLes dernières étapes françaises qualificatives pour la fi nale du Red Bull Street Style se dérouleront à Nancy le 10 octobre, à Bordeaux le 30, et à Paris le 6 décembre. La finale, le 16 décembre, de nouveau à Paris, déterminera quel freestyler accompagnera Séan enAfrique du Sud.
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