Le 24/05/2007 - 17h53
Par
SPORT / Régis Gasquet
La Roadsign Rescue, la Coupe de France de sauvetage, avait pour cadre Villeneuve-lès-Maguelone, le week-end dernier. L'occasion de découvrir un sport d'origine australienne, qui réunissait les 300 meilleurs sauveteurs français.
Des sauveteurs qui courent sur la plage, se jettent dans les vagues au secours de victimes volontaires, et qui, non satisfaits du devoir accompli, enchaînent des courses de natation, des sprints sur le sable et des séries en kayak de mer... ! On pourrait se croire sur un tournage d'" Alerte à Malibu ". Mais c'est sur la plage de Villeneuve-lès-Maguelone, près de Palavas, que ce spectacle s'est déroulé, ce week-end. À l'occasion de la Roadsign Rescue, la Coupe de France de sauvetage, le public montpelliérain a pu découvrir ce sport encore tout jeune en France mais qui compte des milliers de licenciés en Australie. " Là-bas, c'est un des sports les plus populaires. L'expérience des Australiens fait référence dans le monde entier ", affirme Nicolas Gurtler, cadre technique à la Fédération française de secourisme et de sauvetage, la FFSS. L'histoire raconte que des sauveteurs français sont partis un jour en Australie pour voir comment travaillaient leurs homologues de l'hémisphère Sud. Ils sont revenus avec un conteneur rempli de matériel de sauvetage et une multitude de nouvelles méthodes. Pour parfaire leur apprentissage, tout en gardant la forme physique nécessaire au bon déroulement de leur mission, le sauvetage, ils ont créé un championnat sportif calqué sur celui des antipodes. En 1994, le premier championnat de France de sauvetage enregistra l'inscription de six concurrents. À la Roadsign Rescue, ils étaient 300. Une belle progression en moins de 15 ans !
Ce développement s'explique par le côté ludique et varié de la discipline. Une compétition se dispute d'abord en " eau plate ", en piscine, pour toutes les épreuves de sauvetage avec mannequin, puis en mer. " Cette variété de disciplines permet de s'entraîner sans jamais saturer, explique Nicolas Gutler. Quand on en a assez de courir, on nage ou on rame, ou encore on fait du sauvetage en piscine. En contrepartie, il faut être très complet pour être au top car toutes les filières musculaires sont sollicitées. Cela pendant quatre jours, avec trois épreuves individuelles et deux relais quotidiens. " Sur les joutes de sprint ou de beach flags, des efforts courts et intenses sont demandés. Pour l'Ironman, l'épreuve reine du sauvetage côtier, les qualités de résistance et d'endurance sont éprouvées. Le côté ludique, l'environnement agréable, le public charmant... font que de nombreux licenciés de la Fédération française de natation s'essayent au sauvetage.
Sauveteurs avant tout
" J'en avais assez de faire des longueurs de bassin. Quand mon entraîneur m'a fait découvrir le sauvetage, j'ai tout de suite accroché ", explique Flora Manciet, détentrice de cinq titres au dernier championnat d'Europe de Tenerife. Pour elle, l'aventure ne se limite pas à l'Europe. Depuis quatre ans, elle passe six mois de l'année en Australie, pour s'entraîner avec le club de North Cliffe. " Là-bas le niveau est vraiment un cran au-dessus. Et il y a une grosse émulation dans les clubs. " Cette année elle sera la première Française à entrer dans le circuit pro australien. D'autres compétiteurs tricolores rêvent d'intégrer ce cercle très fermé et n'hésitent pas à s'envoler vers l'Australie. Jonathan Cugnières, sauveteur sur la côte atlantique, est parti une saison dans le cadre d'un échange entre sauveteurs. Depuis, il y retourne tous les ans pour se perfectionner dans sa spécialité, le kayak de mer. S'il n'a pas encore intégré le circuit professionnel, son expérience australienne lui a permis de dominer la Coupe de France. Pour financer son voyage, il travaille sur les plages australiennes : avant d'être compétiteurs, tous les concurrents sont sauveteurs. Et les épreuves sont faites pour entraîner au secours. Ainsi, les beach flags : sur certaines côtes, les short breaks, vagues qui cassent près des côtes, fauchent les piétons violemment. Pour sortir une victime, un sauveteur doit agir très vite, entre deux déferlantes.
Texte et photos Régis Gasquet
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