Le 23/10/2006 - 12h58
Par
SPORT / Martine Carret
Immensité perdue au bord de la planète Terre, le gigantesque continent australien fascine. La nature y a engendré l'une des plus belles merveilles du monde : la Grande Barrière de corail, longue de 2 300 km.
Pour débuter, l'endroit est idéal : eau chaude et claire où s'égaient des
poissons aux couleurs de l'arc-en-ciel sur des fonds sablonneux. La
transparence de l'océan Pacifique fait oublier toutes les appréhensions et
seules comptent bientôt les beautés que l'on aperçoit. Respirer dans un
détendeur devient anecdotique, naturel. Les moniteurs qui officient sur la Grande Barrière
sont extrêmement attentifs. Dans ce haut-lieu touristique de la plongée, tout
est organisé pour que le client soit roi. Il est sécurisé, mis en confiance
avec beaucoup de délicatesse, assisté (pas de portage de matériel). Au pays des
" Aussies " la plongée est considérée comme un loisir et non un sport :
l'entraînement est adapté aux superbes conditions météo et l'apprentissage du
milieu corallien (protection, biotope) a la priorité. Pas d'entraînement
commando à la française... Et tant mieux !
La barrière de corail est assez éloignée du continent et trois solutions s'offrent à vous. S'en aller en bateau tôt le matin à partir des grandes villes : Port Douglas, Cairns, Townsville... et profiter toute la journée de la barrière. Séjourner sur une île et enchaîner les plongées à votre rythme ou bien encore vivre sur un bateau de croisière et plonger 4 fois par jour. Pour rejoindre la mer de Corail, ses poissons pélagiques (thons, carangues, barracudas), ses requins et ses tortues, la croisière-plongée est obligatoire. Les opérateurs possèdent tous des licences pour exploiter un lieu très précis de la GBR. Aucun ne s'aviserait de transgresser cette loi, les amendes étant dissuasives.
Au nord de Cairns, sur le ruban de corail
n°10, un spot est devenu célèbre : Cod Hole, où de gros mérous tachetés de gris
viennent embrasser les détendeurs des plongeurs. Plus au sud, le groupe des
îles Whitsundays offre un indolent répit: chaque île regorge de
poissons-perroquets aux robes bleutées teintées de vert, de rose ou de jaune
fluo.
Des mérous pour compagnons
À Townsville, la plongée sur le SS Yongala est réservée aux initiés, les
conditions météo n'y sont pas toujours bonnes et sa profondeur (33 m) la rend
inaccessible aux débutants. Formée il y a près de 5 000 ans, la plus
septentrionale des îles de la Grande Barrière se nomme Lady Elliot. Les
plongées s'effectuent à partir d'un bateau que l'on rejoint... en tracteur,
tout en traversant la piste d'aviation ! Il sert surtout à transporter le
matériel, les plongeurs, tout équipés, marchant à côté de l'engin, tandis que
des multitudes d'oiseaux tournoient autour d'eux. Lady Elliot possède des eaux
claires, où aiment s'ébattre de majestueuses raies manta.
Un peu plus loin, Heron Island déroule sa silhouette sur l'océan. Ce sont les débris de corail, transformés en sable, les sédiments, les vagues, puis les graines apportées par les oiseaux, qui ont donné vie à cette île où Alfred Hitchcock aurait pu filmer Les Oiseaux. Les Australiens conçoivent de nombreuses brochures pour expliquer le soin qu'il faut apporter à l'environnement (marche sur le corail, approches des baleines ou raies manta). Les consignes sont reprises lors des très belles plongées : tortues, platax, carangues, cornes de cerf sublimes qui s'étalent à perte de vue. Ici pas question de faux pas, de casser du corail et de s'affaler sur les gorgones, comme on le voit trop souvent en mer Rouge. Pour protéger cet univers unique, certaines zones sont interdites à toute activité humaine. Chacun veille à la protection de cet habitat fragile et minutieux que la nature a patiemment édifié et que la civilisation détruirait en peu de temps si les Rangers ne surveillaient pas étroitement les 2 300 km de ce lieu enchanteur.
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