Le 11/12/2009 - 17h47 Par SPORTWEEK / Victor Chini
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Exclu/Guerlain Chicherit : "J'ai toujours besoin de challenges"
Guerlain Chicherit-Photo : Panoramic
Malgré un emploi du temps surchargé, Guerlain Chicherit le touche-à-tout du sport français a trouvé le temps pour nous évoquer son parcours et ses passions. Première partie : le ski.
Guerlain, peux-tu nous retracer ton parcours ? Je suis un enfant de Tignes. J'ai fait le parcours classique d'un enfant de station en faisant du ski alpin. Ensuite, j'ai fait des bosses pendant quelques années, puis je me suis mis au ski freeride. Ce sport s'est professionnalisé et j'ai eu quatre titres de champion du monde. Puis je suis parti en rallye. J'ai participé à une formule de promotion que j'ai remportée en 2003 avec Citroën, histoire de commencer par les bases. J'ai roulé en championnat du monde des rallyes pour Citroën, puis j'ai gagné la sélection Dakar challenge qui m'a permis de partir sur le Dakar. Suite à ça, BMW m'a recruté il y a quatre ans. Je viens de remporter cette année la Coupe du monde de rallye-raid. Et il y a le Dakar 2010 que je vais gagner dans quelques jours (rires).
Tu sembles toucher à tous les sports. Pourquoi avoir choisi le ski freeride au départ et pas le judo, que tu as aussi pratiqué au haut niveau ? J'ai fait du judo aussi, à chaque fois j'oublie... Quand j'étais gamin, je faisais à la fois du judo et du ski de bosses. Il a ensuite fallu faire un choix entre le ski-études et le sport-études judo. J'ai choisi le ski parce qu'à ce moment-là, j'avais plus envie de skier. Après j'ai fait trois ans de ski de bosses puis le freeride, qu'on appelait à l'époque ski hors piste, est arrivé. Il commençait à y avoir de petites compétitions, des sponsors, des teams qui se montaient. On m'a proposé de rentrer dans un team. Cela correspondait vraiment à mes attentes donc je me suis dit : "C'est mon truc, il faut que j'y aille." J'ai participé au championnat du monde et ça s'est bien passé. J'ai eu un peu de chance sur le timing.
Tu ne regrettes pas que ton sport soit peu médiatisé ? Si. C'est sûr que j'aimerais qu'on parle plus de notre sport pour que cela soit plus évident pour les jeunes d'en vivre. Car actuellement, un ou deux mecs en vivent, et les autres rament. Si c'était plus médiatique, je pense que plus de jeunes se lanceraient.
Aux Etats-Unis, le freeride est beaucoup plus reconnu... Tout à fait. Aux USA, c'est un autre monde. Le freeride est dans tous les shows TV. En France, on a tendance à parler beaucoup de football. C'est très dur d'exister quand on ne fait pas de foot.
Après avoir tout remporté en ski, n'avais-tu pas besoin d'un nouveau challenge, ce qui expliquerait ton passage sur les routes ? C'est vrai que j'ai toujours besoin de challenges. Au début de ma carrière, je m'étais fixé pour objectif d'être trois fois champion du monde. Bon j'en ai eu un quatrième, j'ai fait un peu de rab (rires). Je m'étais dis que le jour où j'aurais trois titres, j'aurais accompli mon objectif. Car un, ça peut être un coup de bol. Deux, on se dit qu'il est peut-être fort. Mais trois, il n'y a plus de discussions. Après, la motivation était dure à trouver à chaque début de saison parce que c'est un sport où il y a un niveau d'engagement assez important et il faut avoir envie de se remettre dedans, de prendre des risques. Et les risques, j'avais un peu moins envie de les prendre. Si tu va à reculons dans ce type de sport, ce n'est pas la bonne approche. Maintenant, le ski, je le vois plus comme des photos et des vidéos. Je continue à montrer mon sport, et à véhiculer de bonnes images de lui.
Justement, as-tu prévu des films pour l'année 2010 ? J'ai un gros projet. On part quatre à cinq semaines au Kamtchatka, au coeur de la Russie, entre mars et avril. Cela fait longtemps que je n'ai pas fait de films de ski et qu'on ne m'a pas vu skier. J'ai vraiment envie de faire un beau film avec une histoire, et pas seulement des images de ski mises bout à bout. C'est en grosse partie Coreupt, la marque de ski qu'on vient de créer, qui finance.
Comment arrives-tu à gérer ton emploi du temps, toi qui est à la fois entrepreneur et coureur de rallye ? C'est clair que c'est difficile. J'ai un planning un peu chargé. La vie personnelle est mise entre parenthèses mais c'est un choix. Pour Coreupt, j'ai la chance d'avoir une super équipe qui me permet de déléguer. J'ai une totale confiance. Je fais toujours tout en même temps, sauf pendant le Dakar. Là, j'ai besoin d'être tranquille, de ne pas recevoir de mails ni de coups de téléphone. Cette année, pendant la Coupe du monde de rallye, je n'ai pas su couper. Je faisais trois heures de mails par jour. C'était la folie.
En plus, il y a un gros planning d'organisation d'événements avec ta marque... C'est vrai qu'on est sponsor de pas mal d'événements. Il y a surtout les X-GAMES Europe à Tignes (du 10 au 12 mars, ndlr), où on aura un grand stand à l'arrivée, un concept assez sympa. Et il y a pas mal d'autres opérations. Nous sommes également partenaires des Etoiles du sport (du 13 au 18 décembre, à La Plagne, pour la 8e édition, des sportifs professionnels vont rencontrer des espoirs du sport, afin de partager leurs valeurs et leurs expériences, ndlr). Lorsque les meilleurs sportifs utilisent nos skis, c'est vraiment bien. La marque est bien accueillie. Il ne faut pas se relâcher.
Propos recueillis par Victor Chini
Une vidéo de Guerlain Chicherit vue sur Youtube :
Une publicité de Guerlain Chicherit vue sur Youtube :
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