Le 19/10/2006 - 14h06
Par
SPORT / Thierry Scharff
En jet-ski, à bras ou à selle, le freeride consiste à effectuer les figures les plus folles en prenant appel sur des vagues. Découverte d'une discipline ultra-spectaculaire, encore méconnue du public.
Né il y a une trentaine d'années aux États-Unis, le jet servait, initialement, de véhicule d'intervention aux garde-côtes californiens. Rapidement, ces machines ont été commercialisées par Kawasaki sous le nom de Jet-ski et des courses ont bientôt été organisées. En France, ce Véhicule nautique à moteur (VNM, sa définition officielle et administrative) apparaît à la fin des années 80.
Les machines, équipées de moteurs 2 temps et propulsées par une turbine, développaient une cinquantaine de chevaux et frôlaient les 60 km/h. Aujourd'hui, les moteurs 4 temps ont fait leur apparition : les jets à selle les plus puissants disposent d'un moteur de 300 ch, montant à plus de 120 km/h. Très nerveux, ils atteignent les 100 km/h en moins de 3 secondes.
Et si les Américains ont été les pionniers, les pilotes français n'ont désormais plus rien à leur envier. D'ailleurs, le champion du Monde de la catégorie reine est le Français Steven Dauliach.
Dans l'esprit du surf
À l'image des autres disciplines, le free ride a été " inventé " par des pilotes qui recherchaient autre chose que la compétition pour s'exprimer. Rick Roy, un Canadien triple champion du Monde de freestyle (figures libres), Pascal Barriac, multiple champion de France de vitesse (course entre des bouées) ou encore Joël Bontoux (quadruple champion du Monde de course en mer), ont commencé à jouer dans les vagues aux débuts des années 90. Leur but était évidemment de s'amuser, d'oublier la pression née de la compétition, tout en progressant dans leurs disciplines respectives. L'exercice exige en effet de grandes qualités d'équilibre et de maîtrise de la machine.
Le Landais Ludovic Caumont, un pilote passionné, organise la première compétition de free ride chez lui, à Vieux-Boucau, en 1998. Depuis ce jour, marqué par le succès de l'événement, le free ride est devenu, en France, une véritable discipline. Une cinquantaine de compétiteurs s'y consacrent presque exclusivement. Une dizaine d'épreuves sont organisées chaque année dans le Sud-Ouest, mais aussi en Bretagne et dans le Nord.
La plus célèbre est la Jet Jump Extrême, Coupe du monde de free ride, qui se déroule en mai à Montalivet (33). Ce rendez-vous regroupe des compétiteurs du monde entier qui s'affrontent au cours de plusieurs routines (exhibitions) d'une durée de 8 minutes. Dans ce temps imparti, le but du free rider est d'effectuer un maximum de figures en s'adaptant au mieux aux éléments. Ces évolutions vont du simple surf de vagues à des sauts de plus de 6 m de hauteur en effectuant des rotations de 180°, des vrilles, des back flips ou encore des figures issues du FMX (saut à moto) comme des superman, double seat grab, cliffhanger, etc.
Le soucis de l'environnement
Le principe de notation est exactement le même que pour le surf : un jury juge les pilotes, sur des critères tels que l'amplitude, l'esthétique ou la réception des sauts. Évidemment, le spectacle est incroyable avec des figures toujours plus impressionnantes. Le champion du Monde 2004 en runabout (jet à selle) est le Sud-Africain Jimmy Visser, alors que dans la catégorie stand-up (jet à bras), le titre est revenu à l'Italien Federico Buffachi. Les Français ne sont pas en reste : Pierre Maixant et Romain Stampers ont terminé 2es. L'esprit du free ride est très proche du surf : liberté, attitude très fun et de grosses fêtes au soir des compétitions. Sous l'impulsion d'associations de free riders, un important travail a été effectué sur la réglementation (respect de la bande des 300 m à partir de la plage), ainsi que sur une pratique plus écologique : adoption d'essence sans plomb et d'huile biodégradable. Tout cela contribue évidemment à l'essor du jet et de cette discipline encore toute nouvelle mais pleine d'avenir.
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