Le 17/02/2009 - 14h35
Par
SportweekXtreme / L.M.
Alexandre Pellicier : "On partage son coeur avec la Pierra Menta"
SportWeek
Du 12 au 15 mars, la plus belle des courses de ski alpinisme " la Pierra Menta " verra s'élancer, quatre jours durant, près de 320 athlètes et amateurs. Récit d'un participant pro Alexandre Pellicier.
L'année dernière, Alexandre Pellicier a participé à cette course mythique. Il est montagnard et membre de l'équipe de France de ski-alpinisme. Il raconte sa Pierra Menta.
"L'histoire commence mal. Début mars, Yannick Buffet, ma " moitié " blessé aux côtes, est contraint au repos forcé. Je suis sans co-équipier et sans grand espoir d'en retrouver un à 3 jours de mon pèlerinage annuel. A part peut-être ce Norvégien incroyable, ce Ola Berger, qui m'a mis la tannée à la Vertical Race des mondiaux... Un coup de fil et un " I'm in " plus tard, l'affaire est dans le sac et le dossard sur la cuisse : l'équipe sera franco-norvégienne.
Jeudi 13 mars 2008 - 4h45 : peu de coureurs me contrediront, il est rare de passer une nuit tranquille une veille de Pierra Menta. Courez avec un Scandinave, la nuit agitée devient un calvaire... L'initiation à la culture norvégienne se fait dans le froid et la douleur : le Norvégien dort sans chauffage, sans couverture et la fenêtre grande ouverte. La délivrance du réveil sonne l'heure du grand moment de solitude du Pierra Mentiste, seul face à son bol de thé et son gâteau énergétique, 2h30 avant l'heure H.
6h00 : Mr Freeze dort encore, niveau délai de digestion j'ai déjà vu mieux. Je le sors du lit, puis je le regarde manger du brie et du jambon trempés dans un bol de flocon d'avoine avec du lait... Il semblerait que la diététique soit à la Norvège ce que l'écologie est aux Américains.
7h30 : le départ est donné, 200 équipes de folles et fous furieux s'élancent dans la montée. Exit le stress et vogue la galère... 200 couples passionnés de montagne et chasseurs d'adrénaline, 200 duos de masochistes en collant lycra, unis pour le meilleur et pour le pire dans un mariage éphémère, qui les mènera 4 jours plus tard derrière une assiette de diots-polenta les pieds couverts d'ampoules... Quatre jours de souffrance et de bonheur, d'arêtes superbes et de montée interminables, de petites galères et de grandes victoires (et parfois le contraire).
Au milieu de tout ça, un Norvégien et un Français, une union cosmopolite de "
montagnophiles ", qui une fois la course lancée, mettent de côté leurs différences pour devenir une seule équipe. Des souvenirs pour la vie, et la confession d'Ola sur la folie du Grand Mont, les plus belles émotions de sa carrière de compétiteur. Venant d'un ex-fondeur ayant couru en coupe du monde devant 50 000 supporters à Oslo-Holmenkollen, le compliment est d'or ! Cette année encore, on entendra encore les " Heia Ola " (allez Ola !) sur les pentes Beaufortaines. Et sans nul doute, si l'on partage son dossard avec son co-équipier, on partage son coeur avec la Pierra Menta... ! "
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