Le 06/03/2008 - 16h31
Par
SPORT / J.G
La "Pierra Menta", ancêtre de toutes les épreuves de ski, rassemblera du 13 au 16 mars lors de la 23e édition de l'épreuve, plus de 350 marathoniens des cimes de 16 nationalités.
A
l'origine, furent, dès 1933, les rallyes de ski quand les pionniers de la
glisse et de l'alpinisme comme Roger Frison Roche (auteur du célèbre
"Premier de cordée"), crapahutaient à pied sur les pentes du massif
du Mont-Blanc, avant de s'élancer tout "schuss" sur d'improbables
planches. "L'installation
des remontées mécaniques avait mis fin provisoirement à ces courses
harassantes", raconte Guy Blanc, 65 ans, l'organisateur et créateur de
la "Pierra Menta". "Les années 80, l'arrivée d'un matériel
léger et performant et le début du boom des sports de nature et d'aventure,
ont permis de renouer avec cette quintessence du sport de montagne qui requiert
les plus grandes qualités de grimpe, de glisse et d'endurance, impliquant -pour
les
champions-
des conditions physiques hors normes", ajoute-t-il. Alors qu'une
quarantaine d'athlètes étaient au départ en 1986, ils seront 366 cette année,
hommes et femmes (20%), répartis en 183 équipes-tandem dont 75 étrangères,
originaires d'Allemagne, Andorre, Autriche, Belgique, Bulgarie, Espagne,
Etats-Unis, Grèce, Italie, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Pologne, République
Tchèque, Slovaquie et Suisse.
Descentes de plus de 50°
"Chaque épreuve quotidienne représente en effort physique
l'équivalent d'un marathon (42
km), soit 4 marathons à la suite sur l'ensemble de la
compétition", explique Guy Blanc. Les skieurs-alpinistes vont devoir avaler en
tout 10.000 mètres
de dénivelé positif sur les sommets du Beaufortin et notamment la montagne qui
a donné son nom à la compétition, la "Pierra Menta", un obélisque ou
molaire de pierre qui culmine à 2.714
m, autrement baptisée par les gens du crû, "la dent
de Gargantua".
On grimpe en "peau de phoque" des
versants enneigés de plus de 40°. On tutoie le ciel sur les parcours d'arêtes
défiant les lois de la pesanteur. Les descentes sont vertigineuses (plus de
50°) et souvent en couloir. Le frisson est garanti pour les milliers de
spectateurs qui chaque année se donnent rendez-vous dans le Beaufortain pour
jouir de ce spectacle rare et gratuit.
Un esprit
"Les pros côtoient les amateurs. Les meilleurs sont capables de franchir 1.300 mètres de dénivelé positif à l'heure quand un bon skieur de randonnée peine à dépasser 350 m/h. Ce sont des athlètes complets avec un mental à toute épreuve", souligne l'organisateur. Et comme toutes les compétitions populaires de sport de nature dans le registre "grands treks", ou "trails" (Diagonale des Fous à la Réunion en automne, Ultra-Trail du Mont-Blanc en août), la "Pierra Menta" ne saurait exister sans les centaines de bénévoles qui chaque année portent assistance, ravitaillement ou secours aux concurrents.
Et l'argent? Il en coûte 750 euros à chaque équipe de deux pour l'inscription avec hébergement et pension pendant quatre jours. Les deux équipes hommes et femmes vainqueurs empocheront chacune 3.000 euros. L'appât du gain n'est donc pas ce qui fait courir les participants, c'est plutôt l'amour de la montagne et de l'effort. "La Pierra Menta, c'est aussi un esprit...", dit Guy Blanc.
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