Le 02/11/2006 - 14h50
Par
SPORT / Geoffroy Bresson
Ils sont partis de France en mobil-home direction le nord du cercle polaire. 3500 kms de Transeuropéenne verticale... Un trip d'anthologie pour l'équipe emmenée par Oskar Norberg. Freeride et freestyle sur le chemin. Que du bonheur.
Départ de la résidence la plus exotique sur terre. Le lieu s'appelle Ice Hotel. Ses chambres stagnent à une température de -5°C et le bâtiment est entièrement construit en glace. A l'approche de l'été, l'immeuble fond, tout simplement. De quoi se mettre tout de suite dans l'ambiance du coin.
Pas le temps de traîner au palace arctique,
une première session se prépare. La bande se dirige aux confins de la Suède et de la Norvège, dans les environs
de Riksgransen. Déplacement en moto-neige obligatoire tant les pentes sont
nombreuses.
La neige est fraîche, légère et poudreuse à souhait. Sensations fortes et
virages appuyés assurés. Un kicker se monte sur un magnifique dôme naturel.
L'endroit est idéal pour envoyer un énorme saut.
Le team reprend quand même la route. Direction le Kebnekaise. Le plus haut
sommet de Suède ne culmine qu'à 2100
m d'altitude mais la neige y reste froide tout l'hiver.
On devrait trouver des pentes plus longues et surtout plus raides ici.
Premier pic, le Tuolpagorni : personne n'a jamais tenté une descente
dans cette cuvette géante. Une raison de plus pour se faire déposer sans
attendre par l'hélicoptère qui a rejoint le groupe.
Le spot est impressionnant. Un rappel d'une vingtaine de mètres est nécessaire
pour accéder à une partie sans rocher. A la sortie, 1500 m de dénivelé avec
plusieurs couloirs en option. L'équipe finit la journée sur les faces les mieux
exposées, en toute liberté...
Le lendemain, tout le monde est prêt en un temps record. Une journée de folie
s'annonce. La neige est partout de bonne qualité, un peu froide et pas encore
trop transformée sur les faces exposées.
Ludovic et le guide Mats consultent sur une carte un couloir où il n'y a de place que pour un seul homme. L'endroit est tellement improbable qu'il ne porte même pas de nom. Une première, quoiqu'il advienne. Le passage est quasi vertical. Mats ressort la corde pour descendre Ludovic en rappel sur une quinzaine de mètres. Ensuite, il se débrouille seul. Mission accomplie à merveille. Ludo trouve la trajectoire parfaite, le long d'une immense falaise et enchaîne des dizaines de virages jusqu'en bas du goulet.
De l'autre côté des montagnes...
La Norvège,
littéralement " la route des Mers du Nord ", est la
prochaine destination. En surplomb d'un fjord, les riders s'intéressent à un
couloir très étroit. Dans un décor surnaturel, le passage est coincé entre une
vertigineuse falaise de plus de 500 mètres et un pic enneigé. C'est parti pour
la descente jusqu'à la plage. La neige est mouillée avec le beau temps des
derniers jours mais qu'importe : " on l'a fait
man... ! "
Un bon hiking d'une heure suivi d'une descente au coucher de soleil et cap
sur les mythiques Iles Lofoten...
L'archipel s'étend tel un mur de montagnes dans la mer. Les îles forment un ensemble de sommets enneigés, de rochers, de baies abritées, de plages et de grandes étendues vierges de toute trace humaine. Ici, c'est l'époque du séchage de dizaines de milliers de morues en plein air. L'odeur est intenable, une expérience inoubliable.
Pour la pratique du snowboard ou du ski, il faudra
revenir plus tard... mais le surf, c'est tout de suite et dans une eau à 5°C. Sur la plage d'Ustadvaki,
devant le spectacle de gauches parfaites déroulant le long d'une pointe
rocheuse, on enfile combinaisons, chaussons, gants et cagoules. Les surfeurs se
jettent sur les deux planches judicieusement prévues pour le trip.
Au cours de la journée, le vent se renforce et la baie prend carrément des
couleurs tropicales. Le team taquine la vague jusqu'au coucher du soleil. Le
barbecue organisé ensuite sur la plage laisse encore échapper des odeurs de
saumon grillé lorsque l'équipe s'endort dans le camping-car, pile en face du
spot. Que du bonheur au bout du monde...
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