Le 02/02/2007 - 14h57
Par
SPORT / Patricia Oudit
Manu Gaidet/Mathias Wecxsteen : Vis mon ski
SportWeek
L'espace d'une journée, Mathias Wecxsteen (champion du monde de half-pipe 2005) et Manu Gaidet (triple champion du monde de freeride de 2003 à 2005) ont échangé leurs pratiques.
Customisé en freerider, Mathias Wecxsteen sort de son camion en jubilant :
"Je suis content. Je vais enfin pouvoir utiliser tous mes outils !" Manu Gaidet rigole en le voyant dégainer son casque intégral, sa protection dorsale et sa pelle.
"Il a fait les choses bien, Math'. Pour une fois, la pelle, ça va te servir à autre chose qu'à faire des kickers [tremplins] !" Ça vanne sec, c'est bien parti pour le vrai pari d'amis conclu quelques semaines plus tôt au Mondial du ski.
"Ça part d'une vraie envie", précisent les deux " échangistes " pour qui la glisse ne peut se compartimenter. Consciencieux, Manu vérifie l'Arva de son pote, avant de filer au sommet de La Grande Motte, à Tignes. Dans la benne, on se chauffe :
"Ça va, t'angoisses pas trop ?", lance Manu. La réplique fuse :
"On réglera ça dans le pipe demain, mon p'tit père..." Au pied de la montée, Manu, bon prince, passe devant afin de tailler des marches.
"Y a un petit passage à 45° limite escalade, faut pas tomber", prévient Manu. Mathias suit, docile, sans trop souffler.
"Ça va, il a la caisse, le garçon..." Parvenu en haut, le run-test de 600 m de dénivelé peut commencer. "Coach" Manu enchaîne trois courbes sur les 35° de pente, puis le freestyler s'élance à son tour. Manu commente :
"Il est bien posé sur ses skis, il sait lâcher les freins, ce qui n'est pas le cas de tous les freestylers. Il faut juste qu'il apprenne à mieux anticiper les mouvements de terrain." Mathias, heureux comme un gosse, se propose de revendre les photos à l'ESF, histoire de prouver qu'un freestyler, ça sait skier, même avec de l'extra-large sous les pieds.
"Nos disciplines sont différentes mais elles ont en commun, à haut niveau, la même notion d'engagement", résume Manu, à qui Mathias vient de tendre son pantalon baggy pour la suite du pari.
La ceinture à clous enfilée, Gaidet peut enchaîner dans le half-pipe.
"Pour toi, j'ai pensé à un 540° grabé [en tenant les skis, ndlr]", lâche Mathias, un brin perfide.
"Ce n'est jamais qu'un 360° plus un demi-tour..." Le demi-tube des Tignes Airwaves est énorme, préparé pour les pros. Mathias dédramatise :
"Fais juste gaffe au premier mur, prends pas le bombé, sinon, t'atterris à plat." Manu se lance.
"Y a du style, apprécie Math',
mais le pipe, normalement, ça se passe au-dessus du coping [la limite supérieure, ndlr].
.."Rien sous les pieds
Après quelques runs de plus, le freerider tient de mieux en mieux dans le mur, s'amuse même à passer en " switch " (marche arrière). On peut enchaîner sur la séance de rail. Mathias aide Manu à égaliser le kicker. Pour le regular qu'il est (pied d'appel gauche), ce sera pied arrière à plat et pied avant en léger appui sur les carres. Manu flippe, il a l'impression de ne rien avoir sous les pieds (ses skis de freeride font 105 mm de large contre 78 mm en freestyle). Du pain béni pour Mathias :
" Un grand gars comme toi qui saute des barres de 30 m et qui a peur à 70 cm au-dessus du sol ! " Après quelques essais en demi-teinte, Manu, têtu, glisse sur les 4,50 m du rail. Le bilan est positif :
" Il a un sacré équilibre, on sent qu'il a du potentiel... "
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