Le 24/11/2006 - 08h39
Par
SPORT / Stéphane Méjanès
L'hiver dernier, la montagne a prélevé son macabre écot : 57 tués par avalanches en France. On ne se lassera jamais de marteler quelques conseils de base.
Avant. Plutôt que d'essayer d'appliquer en solo la méthode Munter* (dite 3 x 3 parce qu'elle croise trois filtres géographiques avec trois facteurs : conditions, terrain, humain), qui propose une aide à la décision en appréhendant les risques mais qui fait tout de même débat, mieux vaut tout simplement partir avec un guide. Il aura suivi la météo et prévu des itinéraires de délestage. Il saura jauger les capacités de chacun et n'hésitera jamais à dire non. Il insistera sur le matériel : Arva (émetteur/récepteur), pelle, sonde, corde, piolet, crampons, mais aussi un avalung, système de respiration en cas d'enfouissement, qu'on prendra en bouche même préventivement, et un sac à airbag, dont on apprendra bien le maniement (une poignée que l'on tire).
Pendant. Premier conseil : s'écouter. Au moindre doute, on n'y va pas. Méfiance, une trace n'est pas une garantie :on ne sait pas quand elle a été faite et la neige évolue. Quoi qu'il arrive, on descend un par un et, une fois passé, on se met à l'abri sous une barre rocheuse. Il faut imaginer le trajet d'un ballon et éviter d'être là où il roulerait. Le danger est tapi sous les crêtes, où la neige s'accumule (d'où le nom " plaque à vent "). Après avoir vérifié ce qui se passe plus bas, il est possible d'envoyer un skieur, encordé, pour purger un couloir et éviter une grande pente inquiétante. Dans tous les cas, le secret, c'est la vitesse. Les virages multiplient les risques.
Après. La priorité : chercher ! En s'organisant entre ceux qui cherchent, qui préviennent, qui préparent la trousse de secours, les vêtements chauds, et qui aménagent une " drop zone " pour l'hélicoptère. On n'a guère plus d'un quart d'heure pour agir. Pour ceux qui cherchent (pas trop nombreux pour éviter de brouiller les pistes pour les chiens sauveteurs), il faut lever la tête, quelque chose dépasse souvent. Enfin, il ne faut pas oublier de mettre son Arva en réception, on voit parfois des gens se chercher entre eux...
D'autres dangers menacent. Comme de plus en plus de dévissages avec des raquettes dont les appuis ne sont pas aussi efficaces que des crampons. Mais l'avalanche reste le premier d'entre tous. Ne l'oubliez jamais.
Stéphane Méjanès
(avec Denis Étienne, membre de la Compagnie des guides de Chamonix, et Régis Rolland, pionnier du snowboard en France, héros des films Apocalypse Snow, et fondateur de la marque Apo)
*3 x 3 Avalanches, de Werner Munter (Club Alpin Suisse, 40,50 €).
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