Le 10/11/2006 - 18h26
Par
SPORT / Geoffroy Bresson
La nouvelle génération ski
SportWeek
Emprisonné dans l'image des Bronzés, le ski a subi une véritable métamorphose culturelle depuis le début des années 2000. La génération glisse est passée par là, faisant tomber, d'un coup d'un seul, Jean-Claude Dusse de son télésiège et mettant sur orbite le ski façon " new school ". Etoile des neiges, le ski merveilleux, nous voilà...
" Le freeski, ma grand-mère en
ferait. Cela englobe toutes les disciplines, c'est tout. Les skieurs,
les snowboarders, on est tous pareils. S'il fallait vraiment
mettre un terme, si l'on était vraiment obligé, je préfèrerais celui de
free-glisseur ", lâche Xavier Kuhn, premier champion du monde de
l'histoire du skicross en 2001. La freeglisse représente donc un état
d'esprit.
Le domaine est vaste. Du surf des mers, en passant par le snowboard et maintenant le ski.
" Il a pris le train en route ", confirme Edgar Grospiron.
"
Le freeski, c'est la recherche du plaisir, pas du chrono. Mais
quand on en voit certains... ils font des choses hallucinantes. Et
c'est quand même super pointu ", poursuit-il. C'est vrai qu'à
voir Candide Thovex, véritable star du ski new school, réalisé un saut
de plus de 40m de long, la notion de plaisir prend de suite une autre
dimension. L'exploit est bien réel.
Le coup de jeuneAlors
pour correspondre à sa nouvelle mentalité, la tenue du skieur a pris un
coup de jeune : ample, esprit skate à 300%. L'équipement aussi : skis
bispatulés, plus larges histoire de poser en switch dans la poudreuse.
Preuve de l'engouement, le phénomène a fait exploser les ventes des
équipementiers. Une aubaine pour un ski qui commençait sérieusement à
piquer du bec.
" Voilà 5 ans, le freestyle représentait 3000 paires par an. Aujourd'hui, on en est à 50000 ", éclaire David Bouvier, responsable du département sport's marketing chez Rossignol.
Les jeunes ont trouvé leurs nouvelles icônes. Elles s'appellent Candide Thovex ou Thomas Rinfret.
"
Le marché du snowboard est arrivé à maturité. La nouveauté, c'est le
ski freestyle. On a un coeur de cible entre 9 et 30 ans sur ce créneau ",
poursuit celui qui était encore le manager du Team International voilà
peu. Et les nouveaux talents arrivent en nombre. A seulement 13 ans,
Thomas Krief est recordman du monde du plus grand rail avec 43 mètres.
30% de croissance chaque annéeLes
stations de ski ont aussi bien compris l'enjeu. Aux Deux-Alpes, il y a
six salariés pour s'occuper en exclusivité du snowpark. Une équipe
entière d'entretien des pistes est mobilisée pour cet univers.
Innovation ultime, le projet slide. Destiné au grand public, l'idée est
de rendre accessible à tous les sensations que peuvent ressentir les
meilleurs skieurs en pleine évolution.
Des corniches
artificielles de 1 à 5 mètres y ont été aménagées, une cascade de
bosse, un canyon avec virages relevés et un border-cross. De quoi
coller avec la tendance backcountry - du freestyle mais dans la
poudreuse et en dehors des snowpark - qui émerge.
" C'est le créneau le plus jeune. Il représente 30% de croissance chaque année ", souligne David Bouvier.
" Tout cela c'est du bidon "Reste
quand même à savoir si le phénomène freeski ne se limite pas à un
simple effet de mode, stratégie marketing aidant fortement. Pour Denis
Rey, ancien membre de l'équipe de France de ski alpin, la cause est
entendue :
" Il y a 5-6 ans, la mode
était au freeride. Aujourd'hui, le freestyle est en vogue. Tout cela
c'est du bidon. Le phénomène glisse existe depuis les débuts du ski.
Parler de freestyle, freeride, ou de je ne sais quoi d'autres, c'est
uniquement marketing. Toutes les fashion-victims vont là où on leur dit
d'aller et cela fait vendre beaucoup ", plaide le co-fondateur de la marque Aluflex, fabricant de produit de glisse artisanale.
Chez Rossignol, qui monopolise 25% du marché de l'équipement ski, le discours est bien sur différent.
" Notre idée essentielle est que la montagne est un grand terrain de jeu ",
insiste-t-on. Un esprit fun qui se rapproche inexorablement de celui
que l'on peut retrouver dans le surf aquatique. D'ailleurs ce n'est
sûrement pas pour rien si Rossignol fait aujourd'hui partie du groupe
Quicksilver.
Riders, le freeski ne semble pas prêt d'avoir fini
son run. Si certains tentaient de l'oublier, il y en a d'autres qui se
feront un plaisir, voire un métier, de le leur rappeler.
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