Le 08/12/2006 - 15h27
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SPORT
Rémi Bizouard : "Je veux devenir le meilleur rider européen"
SportWeek
Premier Français à avoir participé aux X-Games en FMX, Rémi Bizouard est un jeune rider plein de talent. Rencontre avec ce membre du Team "Young Power by Duarig".
Le freestyle est-il un milieu de durs ?Peut-être. En tout cas l'état d'esprit est irréprochable. La différence entre le freestyle et d'autres sports, c'est que nous ne sommes pas tous les uns contre les autres. On sait apprécier un beau saut même s'il vient d'un concurrent direct.
Y a-t-il quelque chose qui ne te plaît pas dans ce milieu ?Pas vraiment. Je gagne ma vie grâce à ma passion, je me fais plaisir. Je n'ai pas à me plaindre. La seule chose un peu négative, c'est l'aspect logistique. Il faut souvent beaucoup d'énergie et de moyens pour faire suivre tout le matériel.
Faut-il être un peu tête brûlée pour pratiquer ce sport ?Disons qu'il ne faut pas avoir peur de se faire mal. Il arrive que la moto se coupe en haut de la rampe. Crash assuré. On ne contrôle plus rien. Récemment, j'ai failli me tuer à cause d'un problème de ce genre. Mais d'une manière générale, on ne fait pas n'importe quoi. Il y a beaucoup d'entraînement derrière.
Comment se passent les séances d'entraînement ?On utilise des bacs de quinze mètres de longueur, remplis de gros cubes de mousse. C'est utile pour les figures acrobatiques comme le backflip. Pour le reste, on tente sur le dur... et parfois on fait de belles chutes.
Tu as détruit combien de motos ?Seulement deux depuis le début de ma carrière. Des moteurs, j'en ai cassé quelques-uns mais ça reste quand même assez rare. En revanche, je ne compte plus les roues et les fourches. Là, il y a beaucoup de casse.
Comment se déroule un saut ?La course est déterminante. Ce n'est pas obligatoire d'arriver à fond mais en sortie de rampe, il faut donner un petit coup de gaz pour donner de l'amplitude au saut. Après, on a l'impression de voler. Mais la peur est toujours là. L'entraînement régulier l'efface un peu. L'important, c'est de ne pas se laisser planer et rester vigilant.
Tu es le premier Français à avoir participé aux X-Games, le prestigieux show américain. Était-ce une bonne expérience ?Bien sûr, mais on ne peut pas dire que cela se soit bien passé. J'ai appris ma sélection seulement quinze jours avant le début de la compétition. Grosse poussée d'adrénaline, mais grosse panique aussi car il a fallu tout organiser dans la précipitation. En tout cas j'ai pu me confronter aux meilleurs riders du monde.
Quand penses-tu envoyer Pastrana aux oubliettes?(Rires.) Il va falloir se lever de bonne heure. Ce pilote réussit tout ce qu'il entreprend. Il prend beaucoup de risques aussi. Dans l'immédiat, je vais partir m'entraîner dans le sud de l'Espagne. J'ai envie de passer un cap et devenir le meilleur rider européen.
Qu'est-ce qui te manque pour atteindre le top niveau ?Pas grand-chose. Si je pouvais passer toutes les variations du backflip et d'autres figures comme le cliffhanger, ce serait déjà bien.
Les figures réalisées sont toujours plus folles. Quand les limites seront-elles atteintes ?On dit chaque année qu'on ne pourra pas faire mieux et chaque année on explose tout. Le freestyle a connu une saison 2006 extraordinaire, avec le double backflip de Pastrana notamment. Côté matériel, la grande avancée du moment est le guidon rotor, qui permet de faire des rotations de 360° autour du guidon. Mais c'est un prototype unique qui n'est pas très fiable. Il y a déjà eu deux blessés.
Es-tu fier de faire partie du team " Young Power by Duarig " ?C'est un honneur d'être classé parmi les espoirs du sport français. Duarig fait tout ce qu'il faut pour faire bouger le sport. Ils m'ont accordé leur confiance. Le challenge pour moi maintenant sera de confirmer.
En savoir plus sur Rémi Bizouard :
www.youngpower.fr
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