Le 28/06/2007 - 17h40
Par
SPORT / Geoffroy Bresson
Bixente Lizarazu, Jérémy Florès (surfeur) et Mathieu Crepel (snowboardeur) ont dompté ensemble les vagues de la côte basque. Sport était là. Propos choisis.
Florès : Je confirme, Liza surfe plutôt bien. Et il me demande plein de conseils ! Je le connais depuis longtemps [Peyo, le frère de Bixente, était le premier team manager de Florès chez Quiksilver, ndlr]. Il m'a beaucoup appris sur le plan mental. Pratiquer d'autres disciplines forge un mental de gagnant. En revanche, je connais peu la montagne. La dernière fois que je suis monté sur un snowboard, j'ai été ridicule (rire).
Crepel : Je me serais bien vu en pro du surf. J'ai commencé sur les vagues à 5-6 ans, avant le snowboard. La mer et la montagne sont des univers identiques. L'esprit de liberté les unit.
Le chemin de la réussite
Florès : Le groupe Quiksilver m'a fait confiance dès mes 9 ans. Grâce à lui et à mon père, j'ai appris le métier. Cela a provoqué de la jalousie et cette pression n'était pas évidente à gérer. Il a fallu prouver que je méritais ces investissements...
Crepel : Je suis Pyrénéen. Et un Pyrénéen doit faire plus d'effort qu'un Alpin pour atteindre le top niveau : les déplacements pour s'entraîner sont plus longs. Ce n'est pas un hasard si beaucoup de sportifs du massif réussissent aujourd'hui. Ils ont sacrifié beaucoup.
Lizarazu : Quand j'étais petit, je pratiquais des tas de disciplines. Mais vers 13-14 ans, il faut se spécialiser. à l'époque il n'y avait pas beaucoup de compétitions de surf. J'ai longtemps hésité entre le foot et le tennis. Et puis un recruteur des Girondins de Bordeaux est venu à la maison. Il a discuté avec mes parents et j'ai signé mon premier contrat.
Sports majeurs et mineurs
Lizarazu : En France, il n'existe pas de culture sportive globale. J'ai vu la différence quand je jouais en Allemagne. Là-bas, n'importe quel médaillé olympique est reconnu. Chez nous, ce n'est pas comme ça. Je ne comprends pas.
Crepel : Être Français, c'est compliqué. On est isolé dans les compétitions. C'est dommage, il n'y a que des compatriotes qui puissent vous soutenir sur les circuits internationaux.
Florès : En surf, c'est pareil qu'en snowboard. Je suis le seul représentant européen sur le Dream Tour. Psychologiquement, ça pèse. Dès l'année prochaine, des Français, des Portugais, me rejoindront. " L'euroforce " créera une émulation énorme.
L'or en tête ?
Lizarazu : Je vais peut-être m'aligner en skeleton [sport d'hiver semblable à la luge sportive, mais à plat ventre et la tête en avant, ndlr] aux Jeux olympiques. Y participer est un rêve.
Florès : Le surf veut devenir une discipline olympique. Si ça arrive, je ne changerai pas mes habitudes. Les sports de glisse ne sont pas comme les autres. Il n'y a pas d'entraînement spécifique pour une compétition, comme en athlétisme.
Crepel : Mes mauvais résultats aux J.O. de Turin sont du passé. La prochaine fois, je n'axerai pas toute ma saison sur cette compétition. Un titre olympique serait un aboutissement, mais je n'en fais pas... une montagne.
Propos recueillis par Geoffroy Bresson, à Biarritz
Soirée glisse sur canal +
Lizarazu se met au surf :o