Le 20/11/2006 - 17h50
Par
SPORT / Fanny Lestelle
Trip-contest à Madagascar: mad surfeurs
SportWeek
L'Air Madagascar Windsurf Challenge, c'est l'histoire d'une rencontre explosive entre des sportifs hors normes et un lieu d'exception. Un mix de voyage et de compétition.
Partant du constat que le circuit international de windsurf peine à se renouveler et à exploiter des spots de qualité irréprochable, une poignée de passionnés français a imaginé une alternative pour offrir aux meilleurs riders du monde des conditions véritablement dignes de leur talent. Baptiste Gossein (windsurfer pro), Julian Schlosser (photographe spécialisé) et Nicolas Martin (à la tête de la société d'événementiel Cap Alizé) ont ainsi mis sur pied une série de Windsurf Challenges.
Le principe : réunir le gratin de la planète windsurf sur un spot singulier, loin des sentiers battus. Au programme : découverte des lieux, tant sur l'eau qu'à terre, et compétition originale, puisque les riders se jugent entre eux et qu'il n'y a pas de primes à la clé. Dégagés de toute pression, ils peuvent donner le meilleur d'eux-mêmes et se faire plaisir.
L'atterrissage très " freestyle " de leur avion n'a pas trompé les dix heureux élus du Windsurf Challenge qui s'est récemment déroulé à Madagascar : la région de Diego Suarez (pointe nord de l'île) est assurément ventée. Restait à essayer le spot de la baie de Sakalava. Bien que passablement " jetclaquée ", la troupe n'a pu résister aux avances insistantes de ce vent si vital pour eux et qui leur fait trop souvent défaut. En l'occurrence, il n'a pas baissé la garde de tout le séjour. Leurs mains couvertes d'ampoules dès le premier jour s'en souviendront longtemps.
Le lieu a plus que répondu à leurs attentes. Au bout d'une piste bordée, entre autres, par l'un des plus gros baobabs de l'île, un lagon turquoise. Et à la sortie de ce paradis pour le freeride et le freestyle, une passe entre deux rochers où déboulent des paquets de houles générés par le vent (wind swell). Les vagues ne sont pas tubulaires comme dans les rêves de tout surfeur, mais elles se prêtent tout de même au wave-riding (surfer en windsurf) et, surtout, elles offrent des rampes suffisamment radicales pour sauter plus haut que de raison.
On a assisté à un étonnant festival de figures aériennes : des backloops (rotations arrière) - souvent exécutés à une main, voire un pied - à plus de 10 m de haut, des double-loops (deux rotations en l'air !), des 360° dans la vague...
Mais si l'adrénaline coule à flot dans les veines de ces surhommes, ils ne sont jamais las de faire le plein de rencontres et de culture quand ils sont de retour sur la terre ferme. Et Madagascar avait largement de quoi rassasier leur appétit.
Il faut croire que les organisateurs du circuit international officiel se sont sentis décrédibilisés, si ce n'est menacés par ces Windsurf Challenges, puisqu'ils programment enfin de nouvelles destinations pour la saison 2007. Le windsurf ne reçoit malheureusement pas toute la lumière qu'il mérite, mais il a encore de très beaux jours devant lui, qu'on se le dise.
Trois étapes en 2006
L'Air Madagascar Windsurf Challenge était la 3e et dernière étape d'une série qui a débuté à Dakhla (extrême sud du Maroc), une épreuve remportée par le champion du monde de vague en titre, le Brésilien Kauli Seadi. Pour le deuxième rendez-vous, à Sumbawa (Indonésie), les riders avaient été gratifiés de vagues glassy (lisses) et creuses à souhait, mais le vent n'a pas daigné souffler.
Un gagnant malgré tout
Difficile de départager les Marocains Boujmaa Guilloul (en h. sur la photo) et Fettah Ahllamara, les Français Baptiste Gossein, Xavier Huart, Fabrice Beaux et Thomas Traversa (en b.), l'Espagnol Alex Mussolini, le Britannique John Skye, l'Israëlien Eyal Shelef et le Vénézuélien Diony Guadagnino. Mais c'est finalement l'Espagnol, stylé et élégant, qui l'a emporté, devant Guilloul.
Nouvel eldorado
L'idée des Windsurf Challenges est aussi de braquer un projecteur sur de nouvelles destinations, alors que la plupart des spots-trotteurs, s'ils ont le privilège de détecter une pépite, la gardent généralement pour eux. La Baie de Sakalava a largement prouvé son potentiel extraordinaire, et la région de Diego Suarez a bien d'autres atouts que le windsurf.
Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site : http://www.windsurfchallenge.com/
Soyez le premier à donner votre avis