Le 31/08/2006 - 11h13
Par
SPORT/Alain Mattei
Traversée de la Manche en wakeboard : "C'était un défi"
SportWeek
2h08 ! C'est le temps qu'il a fallu à Karine Baillet pour traverser la Manche en wakeboard. Aventurière dans l'âme et " raideuse " parmi les plus douées au monde, la native du Touquet ajoute un exploit de plus à une liste déjà longue.
Pour Karine Baillet, le wakeboard est un sport parmi d'autres. Un de plus qui s'ajoute à la pléthore d'autres qu'elle maîtrise et qu'elle aime pratiquer au cours des raids de prestige qu'elle dispute régulièrement. Le wakeboard c'était donc pour elle un loisir. Mais le vendredi 4 août, celle qui est également professeur d'EPS (Education physique et sportive), a relevé un défi encore jamais tenté : traverser la Manche en wakeboard.
Un peu plus de deux heures et 41.000 nautiques après son départ de Douvres, Karine Baillet regagnait sa ville du Touquet, sans être tombée à l'eau une seule fois malgré des conditions pourtant extrêmement difficiles. Car il fallait bien plus que du vent et de la houle pour décourager celle qui s'était imposée lors du Raid le plus long du monde, le Raid Gauloises au Vietnam en 2002. Rencontre avec une aventurière pas comme les autres.
Karine, comment vous est venue cette idée de traversée de la Manche en wakeboard ?
KB: C'est dû à plusieurs choses. C'est un sport que je pratique en loisirs. J'habite au Touquet donc ça m'a donné envie d'essayer. En plus c'est un record qui n'avait jamais été tenté. Eric Forget disposait du bateau adéquat. Et enfin c'est un challenge qui nécessitait toutes les qualités d'endurance qui me correspondent.
Comment s'est déroulée cette traversée ? On a eu quelques soucis. On espérait du beau temps, et en fait il n'y a eu que des dépressions pendant la semaine. On a souvent douté car le vent allait jusqu'à force 7 la veille. Mais la date était fixée car il fallait s'organiser pour les autorisations, la présence d'un huissier et le bateau entre autres. Une chose était claire... même si les conditions étaient mauvaises, on essayerait ! Ça a été dur d'amener le bateau jusqu'à Douvres. Pour la traversée en wakeboard, nous l'avons effectuée derrière un ferry pour être un peu plus protégé. Nous avions les vagues dans le dos et sur le côté ; nous avons été confrontés à une forte houle et de grosses vagues. On a aussi croisé pas mal de gros bateaux mais tout cela était prévu et c'était un défi de le faire même si les conditions étaient difficiles.
Avant d'être une wakeboardeuse, vous êtes avant tout une " raideuse ". Comment vous définiriez vous en quelques mots ? Une aventurière ?
Sportive c'est sûr. J'aime l'effort et le sport. L'aventure aussi. Mais j'aime aussi le " multisports " et me mesurer au chrono. Je suis dans une démarche d'effort mais aventurière ça me va bien.
Vous avez vécu de grandes aventures au cours de tous ces raids. Quel est votre meilleur souvenir ?
En citer un en particulier c'est difficile quand on fait cela depuis plus de 10 ans. La victoire au Raid Gauloise et le sentiment de réussite qui l'a accompagnée est forcément quelque chose de fort. Dans chaque Raid on connaît des moments forts. Aux Etats-Unis, en juin dernier, j'ai vécu de grosses sensations en eau vive. Parfois ce sont plus certains pays et la beauté de leurs paysages qui m'ont marquée.
Vous êtes également conférencière, enseignante, multi-diplômée d'Etat, titulaire d'une maîtrise en STAPS et créatrice du Touquet Raid Pas-de-Calais. Où trouvez le temps et l'énergie pour mener de front toutes ces activités ?
Si j'ai du temps c'est grâce à l'organisation. J'arrive à harmoniser mes emplois du temps professionnel et sportif. Pour préparer le Raid Nord Pas de Calais, je profite de l'hiver, une période creuse au niveau des raids, même s'il y a la préparation. Il faut donc de l'énergie, du dynamisme, de la passion et une bonne organisation.
Quels sont vos prochains objectifs ?
Je serai au Canada dès le 2 septembre pour participer aux Championnats du Monde de Raid avec mon équipe Wilsa sport/Helly hansen. L'épreuve aura lieu dans la région de Saguenay au Québec sur un parcours de 850 kilomètres du 10 au 16 septembre prochain.
Propos recueillis par Alain Mattei
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