Le 29/01/2009 - 11h24
Par
SportWeekXtreme / Geoffroy Bresson
Sea, sun and surf au Pérou
Le froid vous insupporte et la crise vous déprime ? Deux windsurfeurs vous invitent à vous aérer l'esprit sur la cote péruvienne. Là-bas, il y fait 31°C l'après-midi et on y travaille comme il y a 2500 ans
Manu Bouvet et Carine Camboulives forment un couple de windsurfeurs, dont le métier consiste justement à découvrir ces pépites. L'été dernier, les deux tourtereaux sont partis dans le nord du Pérou, dans le petit village de Huanchaco. "
On a découvert un peuple qui vit comme ses ancêtres 2 500 ans plus tôt, relate Manu Bouvet.
Pour nourrir leur famille, les pêcheurs embarquent tous les jours dans ce qu'ils appellent les Caballitos de Totora [comprenez petit cheval de paille, ndlr]. " Une pirogue comme il en existait avant Jésus Christ et qui n'a pas évolué en deux millénaires. "
Il y a de quoi fabriquer des embarcations beaucoup plus efficaces aujourd'hui et on tombe à l'eau dès qu'on bouge un peu. Mais pourquoi ces gens modifieraient-ils un bateau qui a préservé leur communauté de la faim depuis aussi longtemps ? " Pêcheurs surfeursÀ Huanchaco,
" travailler plus pour gagner " plus n'est pas une notion répandue. Tant que l'on arrive à subvenir aux besoins de ses proches. "
En bord de mer, de toute façon, ce n'est jamais la misère, commente le windsurfeur originaire de Paris et immigré à Hawaii depuis quelques années.
Les gens arrivent toujours à vivre de leur pêche. Le Pérou est pourtant pauvre. Dans les terres, certaines familles vivent dans des conditions difficiles. Mais pas sur la côte. " Pour manger à leur faim, les habitants sont largement aidés par la nature. La plus grande réserve poissonnière au monde s'étend au large du village. Les Caballitos sont là pour y emmener les villageois. "
Sur ces embarcations, on se met en général à genoux. On se lève juste pour revenir au bord et profiter de l'énergie des vagues. " Une position proche de celle adoptée par les surfeurs modernes. Au Pérou, on ridait les vagues avant même que l'Occident ne découvre Hawaii, réputé pourtant comme le berceau du surf. "
Cette idée reçue est fausse, confirme Manu Bouvet.
Certes, les planches modernes sont inspirées de celles découvertes sur l'île américaine, mais les premiers hommes à surfer des vagues sont bien péruviens. " Voilà donc une petite région abritée de la misère et capable de revisiter nos cours d'histoire avec un bateau en paille.
Au pays du mystère Le coût de fabrication d'un de ces canots paraît si ridicule que l'engin ferait rêver plus d'un entrepreneur low-cost. Les villageois construisent les embarcations avec les roseaux qu'ils extirpent des marécages. En guise de pagaie, nécessaires pour partir au large, ils utilisent un bambou coupé sur toute sa longueur. "
Quand on pense aux matériaux en polyester utilisés pour confectionner les surfs d'aujourd'hui... Eux se prennent moins la tête et respectent l'environnement. " La lutte en faveur du développement durable est intégrée dans leur culture. Mais Huanchaco s'ouvre tout de même aujourd'hui au tourisme. Passer ses vacances au bord des plus longues vagues du monde, qui peuvent s'étaler sur trois kilomètres, et faire un détour par le lac Titicaca, le plus haut lac navigable d'Amérique, attire les voyageurs. La petite région préservée se transformera-t-elle en grosse station balnéaire ? "
Peu probable, rétorque Manu Bouvet.
Ici, on n'est pas à Tahiti. Il y a un brouillard permanent. Derrière, c'est un désert de cailloux. Ce qui fait le charme de cette zone, c'est le mystère constant qui y règne. On sent que ce pays reste encore peu connu. " Si les archéologues qui explorent les ruines incas pouvait encore garder quelques secrets enfouis sous la terre, on ne dira pas non. Car, si la Bourse chute encore, si le chômage continue de flamber et si le thermomètre décide de ne plus remonter, on aura plus que jamais besoin de ces petits coins de paradis pour continuer à s'oxygéner l'esprit.
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