Le 26/06/2008 - 10h05
Par
SPORT / Geoffroy Bresson
Sylvain Demercastel, un windsurfer en quête du beau
SportWeek
En 2002, Il était assis à côté du tueur du conseil municipal de Nanterre. Son meilleur ami y a laissé la vie. Depuis, Sylvain Demercastel a décidé de vouer son existence à la recherche de spots encore vierges.
Imaginez. Vous n'êtes pas au milieu d'un océan démonté, mais sur le paisible lac Arenal, au Costa Rica. Il n'y a pas un bruit. Pas de vent à décorner les boeufs. A priori, rien de bien amusant pour le windsurf. Mais vous êtes entouré par la jungle. Au bout du lac, il y a un volcan qui fume. Autour de vous, des singes sautent de branche en branche. À côté de votre planche, des oiseaux tropicaux frôlent le plan d'eau. Un musicien a déniché ce spot de rêve. C'est Sylvain Demercastel, l'ancien chanteur du groupe de métal Artsonic, qui a sorti quatre albums à la fin des années 2000, et qui s'est produit avec Slayer ou Linkin Park.
"Avec mon groupe, on a voyagé partout dans le monde, raconte ce grand blond aux cheveux longs. J'ai découvert des endroits pour pratiquer la glisse, un peu plus originaux qu'Hawaii. Des spots où on ne risque pas d'être étouffé par la foule."L'artiste a quitté la scène le 27 mars 2002, après le drame qui a endeuillé le conseil municipal de Nanterre, quand un homme, installé à côté de lui dans le public, a sorti une arme automatique, tuant huit élus et en blessant quatorze autres.
"Ce dingue a exécuté mon meilleur ami [Pascal Sternberg, 30 ans, élu vert, ndlr]
raconte-t-il. Moi, je suis parti dix minutes avant la fusillade. J'ai eu un gros coup de déprime ensuite. J'ai décidé de partir, de voyager avec mes planches de surf et de windsurf."
Un rêveur engagéÀ 35 ans, Sylvain Demercastel n'est pas un champion, juste un adepte des sports de glisse, lancé dans une quête accessible à tout un chacun : celle du beau. Il parcourt aujourd'hui le monde à la recherche des spots les plus protégés.
"À force de vivre en ville, explique Sylvain, on oublie que se trouver simplement au contact de la nature, ça fait du bien. Pour moi, la glisse, c'est juste un prétexte pour partir en exploration."Le Français photographie, filme et crée de nouvelles musiques autour des endroits qu'il découvre. Une rêverie engagée qui prône le respect de l'environnement plus que le gros saut radical.
"Je n'ai pas envie de dramatiser en proclamant que la planète ne va pas bien, que tout est triste... Je veux attirer les gens vers ce qui est beau. Pas seulement les riders, mais aussi le grand public."Préserver la planèteAvant le Costa Rica, Sylvain Demercastel est parti au Chili. Quand il parle de ce pays, il décrit de grandes étendues de plages vierges que personne ne connaît. Là-bas, il a connu l'alternance des extrêmes climatiques. L'eau y est souvent glacée.
"Mais les beaux spots ne se trouvent pas que sous les tropiques, où l'on peut surfer torse nu ", admet-il.
Après le Chili, direction l'Indonésie.
"Là où les paysages vierges et idylliques alternent avec les villes surpeuplées, polluées, où rien n'est fait pour préserver l'équilibre de la planète." Puis, retour au Costa Rica, son paradis.
"C'est l'un des rares pays qui a mis en place une réelle politique de préservation environnementale. Le gouvernement paie ses paysans pour qu'ils reboisent leurs terres et arrêtent l'agriculture intensive. Tout n'est pas parfait dans cette partie du monde. Mais au moins, ils développent le tourisme vert."Aujourd'hui, Sylvain Demercastel vit encore à Nanterre. Mais dans quelques mois, il partira s'installer au Costa Rica.
"Je vivrai près d'une plage où les tortues viennent pondre au bord de l'océan ", assure-t-il. Au calme, en pleine nature. Une nature encore protégée...
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