Le 12/03/2009 - 12h19
Par
SportweekXtreme / Geoffroy Bresson
Dakhla, le paradis du kite et du windsurf
SportWeek
Au Maroc existe un spot que les pros du kitesurf et du windsurf considèrent comme le plus beau du monde : Dakhla. Sportweek l'a découvert avec eux.
Début mars, à la hauteur du tropique du Cancer. On est en plein hiver dans l'extrême sud du Maroc. Le thermomètre affiche 25 °C à l'ombre dès l'aube, le soleil brille et le ciel est bleu azur. Comme tous les jours au coeur du désert. Ici, la pluie n'est pas tombée depuis des semaines. Phénomène inquiétant, mais tristement banal, auquel la population de la région s'est résignée. En cette matinée ensoleillée, guide Amzah Dlimi, Sahraoui de naissance, la trentaine à peine entamée, file sur les routes poussiéreuses au volant de son vieux 4 x 4, à la plage avant cabossée. Il se dirige vers Dakhla. Une agglomération de 70 000 habitants en pleine ébullition, isolée du reste du pays, à 30 km de la Mauritanie. Les pros de la glisse y ont posé leurs valises pour une semaine de compétition. Le gratin mondial est présent.
Un spot magnifique" Notre ville s'est forgé une réputation, sourit le guide.
Vous croyez qu'ici, on est au milieu de nulle part, mais juste à côté se trouve le plus beau spot du monde pour les sports nautiques. Venez, je vais vous montrer. " Direction une lagune de 250 km², entourée par les dunes : "
Regardez, il y a tellement de sable que c'est comme s'il bavait dans la mer. Dans ces eaux, il y a des orques et des dauphins. Les poissons fourmillent dans tous les coins. " Sur les rives, les flamants roses se déplacent en groupe. Tous les jours, marée oblige, la moitié de la lagune se vide pour dévoiler une immense zone de sable, que les rayons du soleil transforment en spectacle multicolore. Paysage féerique. On rejoint les windsurfeurs et les kitesurfeurs au bord de l'eau. Des dizaines de voiles entassées, en position de sécurité, sur la plage. "
Ce spot est magnifique, concède Alex Caizergues, champion du monde de kitesurf.
Mais ce qui le rend unique, c'est le vent. Incroyable. Tous les jours, ça souffle. Puissant et régulier. Tout ce qu'il faut pour nous tracter. En plus, on a pied sur des kilomètres. De quoi rider en toute sécurité. " Un colosse d'1,90 m pour 100 kg se joint à la discussion : Antoine Albeau, 13 fois champion du monde de windsurf. "
À quelques centaines de mètres d'ici, enchaîne-t-il,
c'est l'océan. Des vagues longues et régulières s'y forment. Après avoir tiré des bords dans la lagune toute plate, on part surfer à côté. C'est un paradis pour la glisse. "
Le surf aide la régionLa course démarre. Dans la voiture, en compagnie de guide Amzah Dlimi, on suit les riders à distance. La route borde la lagune sur des dizaines de kilomètres, jusqu'à la ville de Dakhla. Des caravaniers venus d'Allemagne et d'Angleterre ont installé leurs véhicules au bord de l'eau. Partout, des campings ont poussé. "
Vous seriez venus ici il y a dix ans, il n'y avait rien, avoue Amzah Dlimi.
Depuis, la population a été multipliée par sept. Des hôtels haut de gamme ont fleuri en centre-ville. On perd l'aspect traditionnel, mais c'est pour la bonne cause. " Dakhla a besoin du tourisme pour se développer. Dans cette région désertique, la densité de population ne dépasse pas les deux habitants au km². Un tiers des individus a moins de 15 ans et la majorité vit d'une pêche encore artisanale. La pauvreté constitue le quotidien des Sahraouis. Mais avec l'eldorado que se sont trouvé les amateurs de glisse, Dakhla n'en est qu'au début de sa métamorphose. Retour au bord de la lagune. Les pros arrivent au terme de leurs 40 km de traversée. Antoine Albeau l'emporte, sourire aux lèvres. Une grande session de ride sur le spot de Dakhla. Plus il y en aura, plus la pauvreté, dans la région, diminuera.
Geoffroy Bresson envoyé spécial à Dakhla
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