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Cross-country

Le 05/10/2006 - 13h30
Par SPORT / Jérôme Cambier

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Julien Absalon : " Rester le meilleur en VTT"

SportWeek

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Champion olympique à Athènes en 2004, multiple champion du monde et d'Europe de VTT, Julien Absalon participe à sa 11e Roc d'Azur. Juste pour le plaisir de partager sa passion avec le plus grand nombre. L'occasion également d'évoquer les futurs grands objectifs de sa carrière.



Julien, vous participez au 23e Roc d'Azur. Quelles sont vos motivations pour prendre de cette course alors que vous avez tout gagné ?

Julien Absalon : J'y vais d'abord pour me faire plaisir. C'est la dernière épreuve de la saison, cela permet de conclure l'année de manière festive puisque c'est avant tout la grande fête du VTT. C'est également le plus grand rassemblement au monde de vélo en terme de participants et de spectateurs, puisque l'épreuve accueille 120 000 spectateurs durant le week-end. Médiatiquement c'est donc important d'y être, notamment pour les sponsors qui bénéficient d'une meilleure exposition que sur les épreuves de Coupe du monde.

 

Quels souvenirs gardez-vous de cette épreuve ?

J'en ai plein parce que j'y viens tous les ans depuis que j'ai commencé le VTT. J'y ai participé pour la première fois en 1995, ce sera donc ma 11e participation consécutive. Les premières années, j'étais cadet. J'ai ensuite remporté deux fois la course en juniors, puis chez les espoirs. Par contre, j'attends toujours ma première consécration chez les séniors (ironique).

 

A quelles courses participez-vous cette année sur le Roc ?

Je dispute deux courses. La course tandem avec ma femme qui a lieu le samedi matin à 8 heures, et la course élite (dimanche à 10 heures). Je l'aborde plus comme une fête, une façon de terminer la saison en beauté, qu'avec un véritable esprit de compétition. C'est une chande de pouvoir présenter mon sport au plus grand nombre.

 

Vous y aller réellement sans intention de vous y imposer ?

Non, pas vraiment. Il y bien sûr des coureurs renommés qui veulent absolument accrocher cette course à leur palmarès parce qu'elle est devenue importante. Moi, je me concentre plus sur les épreuves de Coupe de monde et sur les grands championnats internationaux. J'y vais vraiment pour le plaisir. Pour moi la saison est terminée.

 

Vous êtes l'un des champions Français en activité les plus titrés et pourtant vous êtes très peu médiatisé. Cela vous pose-t-il un problème ?

Evidemment. J'ai beaucoup travaillé pour obtenir les résultats que j'ai eus et c'est un peu frustrant. En même temps, c'est normal : notre sport est jeune, il faut du temps. Depuis que le VTT est sport olympique, la situation s'est améliorée. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire avant d'être reconnu comme les footballeurs, par exemple.

 

La sous médiatisation de votre sport pose des problèmes pour trouver des sponsors ?

Pour moi ça va : j'arrive à vivre du VTT. Je ne deviendrais jamais milliardaire comme les stars du foot, mais j'arrive à vivre correctement avec le vélo. C'est déjà un luxe. Mais pour ceux qui obtiennent moins de résultats, c'est plus difficile.

 

Depuis plusieurs années, le cyclisme sur route est confronté au dopage. Le VTT est-il épargné par ce fléau ?

Aucun sport n'est épargné par le dopage. Notre situation est incomparable à celle du cyclisme sur route en raison justement de notre sous-médiatisation. De ce point de vue-là, c'est un mal pour un bien. Nous sommes des passionnés et nous ne sommes pas confrontés à l'obligation de résultats comme les routards. L'absence de médiatisation n'engendre pas d'enjeux financiers importants ce qui minimise la tentation du dopage parmi les coureurs.

 

A l'instar de Miguel Martinez qui a tenté sa chance, pourriez-vous être intéressé par une carrière sur route ?

Non, parce que je m'éclate vraiment dans mon sport. Je préfère être le meilleur en VTT et le rester plutôt qu'être un coureur parmi les autres sur route. La route ne m'intéresse pas. Ce n'est pas du tout le même sport et pas tout à fait le même état d'esprit. Si l'UCI a commencé à faire le ménage, il y a encore beaucoup d'efforts à faire. Le cyclisme sur route est encore bien pourri. Je suis bien dans mon milieu. Je préfère y rester et le promouvoir par mes résultats pour essayer de le mettre en avant.

 

Pour vous, c'est le plaisir avant tout ?

Oui c'est vraiment ça. Le plaisir du pilotage, du contact avec la nature, tout cela fait parti de mon univers et je ne le retrouverai pas sur route.

 

Quels sont vos prochains objectifs ?

Depuis que j'ai passé la ligne d'arrivée à Athènes, je vise les Jeux de Pékin en 2008. Je cours et me prépare juste pour cet évènement. Après, je me verrai bien continuer jusqu'aux Jeux de Londres en 2012.

 

Justement...La défaite de Paris pour les Jeux de 2012, a-t-elle été une grosse déception ?

Vraiment. Cela aurait été super de pouvoir terminer ma carrière avec des Jeux Olympiques en France. Malheureusement cela ne sera pas le cas. Alors, on traversera la Manche.

 

Quelles sont vos hobbies en dehors de VTT ?

Je suis un passionné de sport mécanique. A un moment, je faisais beaucoup de motocross mais j'ai dû freiner un peu en raison du risque de blessure. Je fais du karting, du jet-ski et je rêve de faire du rallye. Une fois ma carrière terminée, j'aimerais bien tenter quelque chose dans ce milieu. J'ai d'ailleurs participé à la finale du trophée Andros il y a deux ans. J'aime également tous les sports au contact de la nature. De temps en temps, je vais faire du parapente ou de la plongée sous-marine.

 

Le sport et la musique sont de plus en plus souvent liés. En écoutez-vous sur les compétitions pendant les entraînements ?

Il m'arrive d'avoir les oreillettes collées aux tympans, mais à l'entraînement seulement. Cela me permet de me motiver lorsque je n'ai pas trop envie de souffrir sur mon vélo. Mais en compétition cela n'arrive jamais, je suis dans ma bulle entièrement concentré sur mon objectif.

 

Quels styles écoutez-vous ?

De tout sauf du rap. Je suis assez éclectique dans mes goûts. Maintenant, c'est vrai que j'aime particulièrement la techno, cela me booste.

 

Propos recueillis par Jérôme Cambier


COMMENTAIRES

posté le 06/10/2006 13h36, par lareunion    alerter l'équipe de modération  

on vous annonce à la Réunion, pour le tour de l'île VTT ou pour la Mégavalanche ?

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