Le 12/02/2009 - 15h30
Par
SportWeekXtreme / Geoffroy Bresson
Lybian Challenge, objectifs dune
SportWeek
Dans dix jours, 125 trailers partent pour le massif d'Acacus, en Lybie.
Une course de 200 km non-stop, dans une région mythique, sans touriste
et bourrée de pétrole. Sportweek vous ouvre les portes du Ténéré.
Mythe de la Grèce antique. Il était une fois Persée, fils de Zeus et Danaé. De retour des Enfers par la voie des airs, avec la tête de sa dernière victime, la Gorgone Méduse, le héros voulut éviter les terres habitées. Le désert de Lybie, il traversa donc. Goutte à goutte, le sang de la Méduse se déversa. Et le serpent, dans le Ténéré, se développa... Aujourd'hui encore, même si cette histoire ne constitue qu'une légende, les reptiles foisonnent dans le Sahara. Le Lybian Challenge débute donc dans dix jours dans la région où seraient nés les crotales et les cobras : près de l'oasis de Ghat, dans le sud-ouest de la Lybie, à la frontière avec l'Algérie et à quelques kilomètres du Niger. Ambiance mythique pour l'un des ultra-trails les plus durs au monde : une course de 200 km, non-stop, en autosuffisance alimentaire, dans un four à température variable où le thermomètre peut osciller dans la même journée entre 0 et 30 °C. Hors des routes, guidé par les seuls GPS.
Dans ce coin de la planète, l'homme et l'animal semblent vouloir effacer toute preuve de leur présence. Les quelques sentiers que forment les dromadaires, en frayant un chemin aux caravaniers dans le cagnard, sont vite effacés par les vents, qui rendent à nouveau le désert immaculé. "
On ne peut pas baliser de route ici, avoue Jean-Marc Tommasini, organisateur de l'épreuve.
Le massif d'Acacus, la zone où se déroule la course, est protégé par l'Unesco. Tout tracé y est interdit. " Le monde préserve son joyau. Sur les pierres et la roche, les coureurs pourront voir des peintures rupestres datant de douze mille ans avant Jésus-Christ. Ambiance d'âge de pierre, au milieu des fossiles d'arbres et de vers. Mais malgré l'attrait historique, Ghat reste aujourd'hui une zone sans tourisme, ou presque. "
La Lybie sort d'un embargo de plusieurs années, argumente le directeur du Lybian Challenge.
Pendant longtemps, ils n'ont pas eu de contact avec le reste du monde et se sont repliés sur eux-mêmes. En plus, de vieux "dinosaures" dirigent ce pays. Ils prennent des décisions selon leurs humeurs. Elles effraient souvent les visiteurs. Si le Nord, là où se trouve la capitale, Tripoli, se développe, le Sud, lui, reste ignoré. " À en croire Jean-Marc Tommasini, sur Acacus, on change de monde à chaque kilomètre. À l'entrée des montagnes, des pitons rocheux sortent du sable, comme de grosses meringues posées au milieu du désert. Et puis, le sable passe du blanc à l'ocre, devient même rouge parfois. Jusqu'à ce que, brutalement, on se retrouve sur un plateau noir comme du charbon.
Des langues de gravier traversent alors le relief, comme si on avait coupé dedans. "
Un paradis naturel ", conclut notre témoin.guidés par un chamelier Ghat et sa région sont habités par les Touaregs. Des Berbères qui vivent dans des villages démunis, mais dans lesquels il y a toujours une case à l'écart des autres, réservée aux voyageurs. "
La première fois que l'on est parti dans Acacus, c'était pour reconnaître le parcours du premier Lybian Challenge, se souvient le directeur de course.
On est restés bloqués dans le désert, incapables de réaliser le moindre repérage. On se disait qu'on allait abandonner et que la course n'aurait jamais lieu. Jusqu'à ce que l'on rencontre un vieux chamelier au milieu de nulle part. Il s'est accroupi, a aplani le sable et nous a dévoilé une passe, que seul lui connaissait. Grâce à son expérience, nous avons pu rentrer chez nous. Quelques mois plus tard se disputait la première édition de la course. " Sous les pieds des Berbères sud-lybiens se trouve l'une des plus grosses réserves de pétrole au monde. Les gisements sont encore peu exploités, à la différence d'autres pays d'Afrique et des Émirats, ce qui offre un potentiel de développement exceptionnel. Encore faut-il que les habitants de Ghat puissent toucher ne serait-ce qu'une infime partie des bénéfices. Parce que, pour l'instant, l'argent du pétrole remonte intégralement jusqu'à Tripoli, pour y rester. La porte du désert constitue peut-être un paradis pour des coureurs en mal de grands espaces, d'aventure et de dépaysement. Il faudra peut-être attendre encore longtemps avant qu'elle ne le devienne également pour ses habitants.
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